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La fabrique du monde

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Von: RFI
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Über diesen Titel

Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

France Médias Monde
Politik & Regierungen
  • Au Soudan, la guerre oubliée du reste du monde et dont personne ne voit la fin
    Jan 23 2026

    C'est un conflit qui dure depuis bientôt trois ans. La guerre au Soudan est une guerre aux conséquences catastrophiques que rien ne semble pouvoir arrêter.

    C’est une guerre considérée par les Nations unies comme la pire catastrophe humanitaire au monde. Depuis près de trois ans, elle a fait des dizaines de milliers de morts, près de 15 millions de déplacés au total, à l’intérieur et à l’extérieur des frontières du pays. Les récits d’exactions contre les populations sont effroyables : civils frappés, abattus, violés ou enlevés sans réapparaitre. Ceux qui y échappent sont de plus en plus souvent armés et jetés dans le conflit, adultes comme enfants. Le tout oublié par beaucoup, du fait des guerres en Ukraine et à Gaza, ainsi que des bouleversements géopolitiques et de l’agitation internationale actuels.

    Deux factions sans intention de négocier

    D’un côté, les forces armées soudanaises du général al-Burhan, qui constituent les autorités reconnues à l’international. Elles tiennent la partie nord-est du pays et elles avaient leurs quartiers à Port-Soudan, au bord de la mer Rouge avant de se réinstaller dans la capitale Khartoum, détruite par la guerre et reprise il y a un an. La situation n'y est toujours pas complètement stabilisée. De l’autre, les paramilitaires des forces de soutien rapide de Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti. Les FSR contrôlent l’ouest et le sud du pays et notamment le Darfour dont la prise a entrainé des exactions qui ont entraîné des sanctions internationales et notamment américaines contre le patron des FSR. Aucune des deux parties ne veut céder. Elles sont tout simplement engagées dans un duel à mort. Chacun veut la défaite, le désarmement et la soumissions de l’autre.

    Un conflit alimenté par des soutiens extérieurs

    L'Égypte et Arabie saoudite côté forces armées soudanaises. Et puis côté FSR, les Émirats arabes unis qui nient toute implication aussi bien publiquement que dans leurs relations diplomatiques, malgré des éléments de plus en plus nombreux et documentés. Il s’agit pour ces puissances d’étendre leur influence géopolitique en Afrique et au bord de la Mer Rouge, l’une des routes commerciales maritimes les plus fréquentées au monde. Ces pays et d’autres fournissent apparemment des armes et notamment des drones aux deux camps qui les projettent sur les populations et les infrastructures civiles.

    Des tentatives d’arrêter ce conflit ont lieu régulièrement, à coups d’embargos et de sanctions. Ou de médiations. Toutes ont échoué. Encore cette semaine, l’armée soudanaise a annoncé étudier une nouvelle proposition de trêve américano-saoudienne. Et c’est justement ce qui ne fonctionne pas. On ne voit pas comment une telle proposition impliquant l’un des soutiens d’un des belligérants, en l'occurrence l'Arabie saoudite pourrait avoir l’approbation de l’autre partie. Quant aux pays tiers et extérieurs, comme les pays européens, ils ne peuvent que constater leur impuissance à arrêter une guerre dont personne ne voit la fin.

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  • Les menaces de Donald Trump contre l'Europe embarrassent ses alliés politiques européens
    Jan 22 2026

    La température est retombée hier soir entre Donald Trump et plusieurs pays européens au sujet du Groenland et des menaces de droits de douanes supplémentaires. Finalement, le président américain a annoncé un accord avec l’Otan et ses membres pour garantir la sécurité de l’île. Mais la séquence a mis à rude épreuve les nerfs de tout le monde, y compris des amis européens du mouvement trumpiste.

    Pas facile de s’adapter à ces changements de pied successifs. Et pas facile de défendre le président américain quand on est d’une formation nationaliste et qu’il s’en prend directement à votre pays. C’est ainsi que Jordan Bardella, le président du rassemblement national dénonçait un chantage inacceptable. Pourtant il n’a pas toujours été aussi virulent avec le mouvement MAGA. L’an dernier, il était allé à Washington à la CPAC, la grand-messe des conservateurs américains. Il en était reparti sans s’exprimer après un salut nazi de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, qui au passage l’avait traité de « petit garçon ». En Allemagne, la patronne de l’AfD, Alice Weidel a même comparé les méthodes de Donald Trump à celles de Vladimir Poutine. Difficile de dire cependant si c’est une si forte critique, étant donné que des membres de son parti ont fait le voyage de Moscou.

    Un soutien clair

    Et pourtant ces partis sont favorisés par Donald Trump et son entourage. Par exemple, le président Trump, avait dénoncé des poursuites politiques après la condamnation en première instance de Marine Le Pen dans l'affaire de détournement de fonds publics pour laquelle elle est actuellement jugée en appel. Au même titre que d'autres responsables politiques français, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été reçus ensemble par l’ambassadeur américain en France, Charles Kushner, qui est le père de Jared Kushner, l’influent gendre de Donald Trump. Il y a quelques jours, la secrétaire générale de la commission nationale consultative des droits de de l’homme racontait avoir été approchée par deux diplomates américains qui lui ont donné l’impression de chercher des informations pour présenter les poursuites contre Marine Le Pen comme des poursuites politiques. Elle a informé le ministère des Affaires étrangères qui prend l’affaire au sérieux et qui suit ce dossier. En Allemagne, le soutien est encore plus clair. Le Vice-Président JD Vance ne s’en est même pas caché. Il dénonce la classification extrémiste de l'AfD par les services de renseignement allemands. Il a rencontré rencontré Alice Weidel. Et certains les dirigeants de l’AfD et certains élus du parti ont rencontré des responsables politiques républicains à New York et à Washington.

    Corriger la trajectoire européenne

    Tout ça, c’est une vraie stratégie de l’administration trumpiste. C’est écrit noir sur blanc dans la stratégie de sécurité nationale dont on vous parle souvent ici. Pour contrer la menace d’effacement civilisationnel de l’Europe identifiée à Washington et que Donald Trump a encore dénoncé hier à Davos, eh bien il faut selon ce document encourager l’influence grandissante des partis européens patriotes, des alliés politiques précise le texte. Il parle aussi d’attachement sentimental à l’Europe. Mais une Europe conforme à la vision des auteurs du document, dont certains membres du département d'état proches de l’institut Claremont, un centre de réflexion ultra-conservateur. Une Europe vue comme mise en danger par l'immigration et dont le mouvement trumpiste veut tout faire pour corriger la trajectoire. En assumant de s’ingérer dans les affaires politiques intérieures des pays concernés.

    À lire aussiEn Europe, l'embarras des alliés de Donald Trump sur la question du Groenland

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  • Après l'Otan et ses alliés européens, Donald Trump s'attaque à l'ONU
    Jan 21 2026

    Après l'Alliance atlantique, dont plusieurs pays membres sont menacés de droits de douane parce qu’ils s’opposent à sa volonté d’acquérir le Groenland, Donald Trump s’en prend désormais à l’ONU, une autre composante essentielle de l’ordre international d’après la Deuxième Guerre mondiale.

    C'est la dernière proposition iconoclaste du président américain. Sa proposition de « Conseil de la paix ». Initialement prévu pour superviser sous sa présidence, la future gouvernance de Gaza, c'est ce qui a été validé aux Nations unies, il a en fait des prétentions beaucoup plus larges. Le territoire palestinien n’est même pas mentionné dans la charte qui circule depuis lundi soir. Le texte explique que le but est de promouvoir la stabilité et de garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par les conflits. Autrement dit le travail du Conseil de sécurité des Nations unies, dont les institutions sont évoquées quand même assez directement comme « des institutions qui ont trop souvent échoué et dont il faut avoir le courage de s’éloigner ».

    Un président tout puissant

    Donald Trump propose une solution toute personnelle. Il serait le président, quasiment à vie, de ce « Conseil de la paix ». Il inviterait ou révoquerait personnellement les membres et validerait les décisions. Comme au Conseil de sécurité, il pourrait y avoir des membres permanents, moyennant le paiement d’au moins un milliard de dollars, en espèces, ce qui nécessitera de grosses valises de billets. Plusieurs pays expliquent avoir reçu une invitation. Certains ont déjà accepté, dont l'allié israélien, mais aussi les pays signataires des accords d’Abraham et donc proches des États-Unis : le Maroc, les Émirats arabes unis et Bahreïn. Il faut y ajouter la Hongrie de Viktor Orban, à la proximité idéologique revendiquée avec Donald Trump, ou encore l’Arménie, dont le conflit avec l’Azerbaïdjan n’est pas résolu. La France a en revanche déjà annoncé qu’elle ne donnerait pas suite car ce Conseil excède largement le mandat validé par les Nations unies et est en contradiction avec leur charte. Quant au président ukrainien Volodymyr Zelensky, il se voit mal siéger dans une instance pour la paix aux côtés de Vladimir Poutine qui a lui aussi été invité alors qu’il continue à bombarder l’Ukraine. D’autres pays réservent leur réponse.

    Initiative chinoise

    Ce n’est pas la première fois que les Nations unies sont critiquées. L’hostilité des républicains américains en particulier n’est pas nouvelle. Elle s’est manifestée pendant des années dans le refus de financer certaines organisations dont l’Unesco, considérées comme hostiles. Là, il s’agit de s’y substituer pour construire, dit la proposition, « une organisation internationale plus agile et efficace ». Sans se lancer dans le débat récurrent sur l’efficacité des Nations unies, on peut quand même se souvenir qu'elles ont parfois réussi sinon à empêcher, du moins à encadrer et limiter les effets de certains conflits. On peut aussi s'interroger sur la non-évolution depuis leur création de l’attribution des sièges de membres permanents du Conseil de sécurité dans un monde qui a quand même changé depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. D’autres l’ont constaté. La Chine a proposé en septembre dernier sa propre initiative pour la gouvernance mondiale présentée comme plus juste et plus équitable que le système actuel considéré comme défaillant mais que la Chine dit toujours soutenir. Cette attaque américaine contre l’ONU est donc aussi une nouvelle illustration de la compétition et de la rivalité sino-américaine pour l'organisation du monde.

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