• 1973 : Colinot, le dernier film de Bardot
    Jan 13 2026
    L’action se déroule au XVᵉ siècle : Colinot, jeune paysan séduisant mais un peu simplet, voit sa fiancée Bergamotte enlevée par des bandits de grand chemin et part sur les routes pour la retrouver.

    Ouf, attention, Alice Sapritch débarque...

    Le film s'appelle « L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise » - c'est un peu long, c'est vrai, mais tout le monde va rapidement raccourcir tout ça en « Colinot ». Ce colinot est interprété par Francis Huster, qui alors un tout jeune premier, entouré de Nathalie Delon, Francis Blanche, Bernadette Lafont, Alice Sapritch (on le disait) et une galerie de seconds rôles très reconnaissables du cinéma français.

    Revenons à notre Colinot et à sa quête de Bergamotte, qui devient un parcours initiatique : sur la route, il croise une série de jeunes femmes belles et très libres pour l’époque (nous sommes en 1973), ce qui donne au film un ton à la fois « gaulois », érotique et burlesque, mais sans vulgarité.

    Puis, il y a BB. Bardot joue Arabelle, grande dame indépendante qui va servir de figure de mentor sentimental : elle apprend à Colinot que l’amour ne se résume pas à l’érotisme. C'est une claque, c'est surtout un clin d’œil à toute la carrière de sex-symbol de Brigitte Bardot.

    La mise en scène se construit autour d’une narration troubadour, avec poésie et chansons de ménestrels...

    Oui, c'est bien la voix de BB. Pour Francis Huster, ce tournage reste marquant : il racontera plus tard à la télévision la difficulté d’une scène de nu au lit avec l'icône Bardot.

    Ensuite, ce tournage n'est pas n'importe lequel. En effet, il marque la dernière prestation de BB en tant qu’actrice de cinéma avant qu’elle ne se retire pour se consacrer à la cause animale, ce qui donne au film une dimension de « chant du cygne » pour Bardot.

    Côté critique, le film n’a jamais été considéré comme un grand classique : mais c'est le dernier film de BB, et c'est une comédie qui reste délicieuse, espiègle et typiquement 70’s.

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  • 1960 : Elvis Presley transforme “O Sole Mio” en triomphe mondial
    Jan 12 2026
    Nous sommes le 18 juillet 1960. Happy Day pour Elvis Presley. À 25 ans à peine, le King est déjà une star planétaire… mais il s’apprête à opérer un virage décisif dans sa carrière.

    Car son nouveau titre, It’s Now or Never, n’est pas une chanson d’Elvis comme les autres. À l’origine, ce n’est même pas du rock. La mélodie vient tout droit d'Italie…

    En Europe, où il fait son service militaire, le refrain circule partout, notamment dans la version de Dalida.

    Cette chanson, c'est "O Sole Mio", chant napolitain du XIXᵉ siècle, que Presley découvre donc lors de son service militaire en Allemagne.

    Elvis soldat, en uniforme, écoutant de la musique italienne entre deux permissions.

    A priori, c’est cocasse. Et pourtant, c’est peut-être la recette d’un futur succès planétaire….

    De retour aux États-Unis, il propose l’idée à son équipe. On garde la mélodie, on transforme les paroles, et on ralentit le tempo.

    Le résultat : une ballade ample, romantique, qui oublie un peu ses racines d'opérette pour afficher un ton plus grave, plus posé. On pourrait même dire... plus adulte.

    Mais, attention, pas question de se passer de la mandoline...

    Ah, la mandoline et son tremolo, ses notes rapides et vibrantes, typiques de la tradition musicale italienne, transposée de l'autre côté de l'Atlantique par un garçon qui fait chavirer les cœurs.

    Avec ce titre, Elvis montre qu’il n’est plus seulement le jeune rebelle de "Heartbreak Hotel" ou "Jailhouse Rock". Il peut aussi séduire, émouvoir, et même rassurer un public plus large.

    Résultat ? Le succès est immédiat : numéro un aux États-Unis, en Grande-Bretagne, et dans une bonne partie de l’Europe, dont la Belgique évidemment. Plus de 20 millions d’exemplaires vendus au total.

    On dirait bien qu'avec cette chanson, Elvis a trouvé sa voix. Travaillée, maîtrisée, presque classique. Et pour cause, Elvis s’est entraîné pendant son service militaire, prenant des cours de chant pour élargir sa tessiture. « It’s Now or Never» est l’une des preuves les plus éclatantes de cette évolution. Pour beaucoup, c’est même l’un de ses plus beaux enregistrements des années 60…
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  • 1964 : “Dancing in the Street”, Martha Reeves fait danser le monde
    Jan 9 2026
    Nous sommes le 31 juillet 1964. Une chanson écrite un mois plus tôt vient de sortir aux États-Unis et son potentiel est énorme. Happy Day pour Martha Reeves. Sous pavillon Motown, elle va sortir de l'anonymat et devenir une très, très grande star partout dans le monde.

    En 1964, Martha Rose Reeves vient tout juste d'avoir 23 ans. Elle est née à Eufaula, dans l'Alabama. Elle est la troisième fille d'une famille de 11 enfants. Après des débuts dans la chorale de son église, elle suit ses parents à Détroit, où elle retrouve son grand-père, pasteur, mais surtout musicien. C'est à ses côtés que le chant va s'imposer à elle.

    Le titre, Dancing in the Street, est enregistré très rapidement le 19 juin 1964, avec une introduction parfaitement typique du son Motown.. Tellement bien calibrée, qu'on a l'impression de la connaître à la première écoute...

    Au départ, Dancing in the Street est écrit par William Stevenson, Ivory Joe Hunter et monsieur... Marvin Gaye. Le label va carrément offrir à Martha Reeves son propre groupe. Ce sera désormais "Martha and the Vandellas". Quant à la chanson, elle sera reprise un nombre invraisemblable de fois... Tout d'abord les Kinks en 1965. Puis les Mamas and Papas en 66. Little Richard lui donnera un petit côté rock en 1971. Neil Diamond y mettra lui aussi sa patte en 1979. Même si la reprise la plus célèbre est sans doute celle de Mick Jagger et David Bowie en 1985, dans le cadre du Live Aid...

    Quand je dis reprise, j'oublie sans doute Sylvie Vartan, Dusty Springfield, Atomic Kitten, Human Nature, Karen Carpenter et même les Chœurs de l'Armée rouge.... Pour ne pas oublier son origine, l'industrie de la musique se souviendra de Martha Reeves, qui recevra un Grammy Hall of Fame Award en 1999.

    Quant à la chanson, elle sera inscrite en 2005 au Registre national des enregistrements de la bibliothèque du Congrès à Washington pour son importance culturelle aux États-Unis...
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  • 1976 : la publicité Mousline, quand la purée devient culte
    Jan 8 2026
    Nous sommes le 13 juin 1976. Une maman va devenir célèbre grâce à une publicité pour une purée de pomme de terre. C'est le Happy Day de l'entreprise Maggi, qui s'est spécialisée en France dans la préparation de repas simplifiés. Le produit à mettre à l'honneur à la télévision est donc une purée. Elle est produite à Rosières-en-Santerre (dans la Somme) depuis 1967.

    Allez à table, notre mère de famille a préparé sa spécialité...

    Ce produit, c'est donc Mousline, une marque française de purée de pommes de terre en flocons, lancée en 1963. Particularité : elle utilise des pommes de terre locales d'un groupement de 150 agriculteurs à moins de 30 km de l'usine, avec un processus de déshydratation simple, sans conservateurs. Autant dire qu'on a rien inventé aujourd'hui...

    Depuis 1970, Maggi a étendu sa gamme de produits aux croquettes et aux gratins, mais la purée a cela de particulier, que les enfants en RAFFOLENT !

    Diffusée à la TV tous les midis et tous les soirs, cette publicité montre une mère tellement confiante qu'elle se met à chanter..

    Bien entendu, en 1976, personne ne comprend le second degré qui nous saute aux oreilles quand on entend qu'on met de la purée dans le petit volcan, pas même les publicitaires. La chanson est inspirée de Do-Re-Mi dans La Mélodie du bonheur. Elle est interprétée par Les Petits Écoliers Chantants de Bondy et devient un hit des cours de récré. Autant dire que Maggi va vendre beaucoup, beaucoup de purée...

    La chanson sera malheureusement transformée en 1990 par Elmer Food Beat en chanson paillarde, sous le titre... « La grosse Jocelyne ».

    Mousline sera l'un des joyaux de la couronne, lorsque l'entreprise passera sous pavillon Nestlé, oubliant au passage cette chanson familiale et ce petit volcan dans lequel une petite fille réclamait, sans pudeur, sa purée...
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  • 1960 : “Milord”, Edith Piaf conquiert le monde
    Jan 7 2026
    Nous sommes en novembre 1959. Edith Piaf est au sommet de sa gloire. Grâce à son amant parolier, elle va connaître l'un des plus grands happy days de sa carrière à l'international.

    La chanson est écrite par Georges Moustaki, le tout jeune amant d'Edith. Particularité : à peu près personne ne le connaît. C'est à Cannes, un an plus tôt, que Piaf demande à Moustaki (qui a alors 24 ans) d'écrire une chanson autour d'un mot bien précis, MILORD (soit My Lord en anglais britannique).

    Il propose d’abord une histoire d’amants à Londres, mais Piaf impose un autre thème, plus audacieux, celui d’une prostituée qui console un marin riche et triste en l’appelant « Milord » pour flatter son ego, avec un refrain joyeux malgré une certaine misère.

    Elle raconte l'histoire du point de vue de la fille du port...

    Marguerite Monnot compose deux mélodies. Moustaki choisit la version lente avec un rythme de charleston, des passages parlés et quelques accélérations très joyeuses. Piaf enregistre la chanson à New York au printemps 1959, après avoir failli ranger le titre au tiroir par vengeance quand Moustaki décide de la quitter. Elle ne le fera pas.

    Et elle a raison. « Milord » cartonne en France quelques mois plus tard, dès les concerts de fin 1959 et la chanson envahit les hit-parades dès le début de l'année 1960 dans 11 pays, dont les Pays-Bas (où une version locale va provoquer un scandale pour son thème, la prostitution).

    En dehors du port d'Amsterdam, on chante Milord à peu près partout, y compris à l'Élysée, puisque Charles de Gaulle l’entonne en Conseil des ministres pour détendre l’atmosphère sur une tension avec les Anglais.

    La chanson symbolise le style Piaf, elle sera d'ailleurs l'un des plus grands succès internationaux de la chanteuse, trois avant avant son décès. Voix rauque, mélange de drame et de légèreté, texte social sans pathos, la chanson sera reprise en italien, en anglais (par Cher en 1966) et deviendra l'un des titres les plus joués sur scène, grâce notamment aux spectacles transformistes...
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  • 1975 : le rasoir jetable BIC, une révolution du quotidien
    Jan 6 2026
    Nous sommes le 19 octobre 1975. Happy Day pour les hommes et leur budget rasoir. L'entreprise BIC livre une invention dingue, symbole de la révolution industrielle et du tout jetable. Cette invention s'appelle le BIC 1 et, comble du comble, elle existe toujours aujourd'hui à peu près sous la même forme. Dans l'usine de Longueil-Sainte-Marie dans l’Oise, on s'affaire. Et à la télé, une énorme campagne de pub se prépare...

    Bon, remettons les rasoirs à l'endroit. L'histoire du rasoir jetable commence réellement avec King Camp Gillette. Il est inspiré par l'idée d'un rasoir à lames interchangeables vers 1895 déjà. L'entreprise américaine dépose un brevet en 1901 et commercialise le premier rasoir à lame double jetable en 1903.

    Mais, c'est vrai, après des décennies de domination de Gillette, le concept du rasoir entièrement jetable (au format monobloc) est lancé par Bic en 1975, offrant alors une solution encore plus simple et abordable qui connaîtra un succès mondial. Notamment pour son prix. À l'époque, c'est 5 francs français maximum. C'est à dire que c'est à peu près l'équivalent d'un billet de 5 euros aujourd'hui et, contrairement à Gilette, c'est très bon marché...

    Le BIC 1 est un rasoir moulé en plastique avec une seule lame insérée dans une tête fixe, sans tête pivotante ni bande lubrifiante. En tout cas, dans sa première version. La simplicité de la pièce permet de réduire au maximum les coûts de fabrication et d’ouvrir la voie à une production massive.

    Les sites de production deviennent des machines de guerre : depuis 1975, on estime que des dizaines de milliards de rasoirs BIC jetables ont été produits et vendus dans le monde, ce qui fait du BIC 1 l’un des rasoirs les plus diffusés de l’histoire...
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  • 1974 : “Samedi soir”, le disco français manqué de Sheila
    Jan 5 2026
    Nous sommes le 28 octobre 1974. Un 45 tours de Sheila vient de sortir, dont la face B aurait pu être le premier tube disco de l'histoire de France. Bref, un happy day manqué. Nous en avons déjà parlé, le premier grand tube disco français certifié, c'est "J'attendrai" de Dalida, mais revenons tout de même à cette tentative de Sheila.

    Octobre 74. “Samedi soir” sort chez Carrère. Le titre est composé par Ringo, son mari à l'époque, avec une orchestration signée Jean-Claude Petit. L'enregistrement se fait au Studio CBE. Le morceau mélange rythmique dansante, cordes inspirées du Philly Sound et basse groovy. Objectif : faire un tube disco, mais comme personne n'y croit, ce sera une face B et tant mieux si ça marche.

    Sheila est enceinte de son fils Ludovic lors de l’enregistrement.

    Avec avec les premières notes, on a l'impression que ça ne peut QUE marcher...

    Les paroles de “Samedi soir” évoquent l’attente du week-end comme éclaircie après des semaines grises : “Je sors le samedi soir et je danse mais pas trop tard / Je me fais mon silence dans la musique et le bruit”. Le refrain insiste sur un point, Sheila se fait belle. Elle dit : “Je me sens belle, tout me paraît permis ! / Avec l’espoir de rencontrer enfin l’homme de ma vie !”.

    Ce ton insouciant préfigure des thèmes festifs, légers et parfois un peu volages du disco naissant en France.

    Donc, le 28 octobre 1974 sort "Ne fais pas tanguer le bateau". Et "Samedi soir" est donc la face B. Et ce qui devait arriver arriva : c'est un échec. Sauf que, bien plus tard, on reconnaîtra à cette chanson d'avoir été une sorte de pionnier proto-disco avant “J’attendrai” de Dalida (qui sortira lui l'année suivante, en 1975).

    D'ailleurs, le titre va précipiter le virage de Sheila vers le genre disco avec SB Devotion (et “Spacer” en 1979). Quant à "Samedi Soir", un remix de Woody Braun et Funky French League en 2022 lui redonnera vie auprès notamment des boîtes de nuit branchées de Paris et Bruxelles.

    Bref, "Samedi soir", c'est l'histoire d'un happy day manqué, mais probablement d'un happy day très injustement manqué...
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  • 1970 : Joyeux Noël se dit "Feliz Navidad" cette année
    Dec 26 2025
    Fin 1970, il compose une chanson à Los Angeles, rongé par la nostalgie de Noël à Porto Rico et à New York, loin de sa famille, en imaginant les veillées avec du rhum, des plats traditionnels et des chants de Noël.

    Le producteur lui demande une chanson festive, et elle naît sur un coup de tête. Particularité, elle est bilingue : anglais et espagnol...

    Dès les premières notes, ça sent le rhum et… la bonne humeur...

    « Feliz Navidad » (Joyeux Noël en espagnol) sort donc en novembre 1970 sur l’album du même nom. La chanson est produite par, accrochez-vous aux guirlandes, George Martin (LE producteur des Beatles).

    La composition et l'écriture ne durent pas très longtemps. Avec seulement une vingtaine de mots (dont le refrain espagnol) et un couplet anglais « I wanna wish you a merry Christmas from the bottom of my heart » (je veux vous souhaiter un joyeux Noël du fond de mon cœur), elle vise l’universalité.

    Pourquoi ne pas l'avoir écrite à 100 % en espagnol ? Très simple, Feliciano ajoute l’anglais pour éviter le rejet des radios américaines, plutôt hostiles à l’espagnol pur en 1970.

    Et ça marche pour une très bonne raison : la version originale, guitare acoustique et cuatro joyeux, incarne un Noël latino festif, loin des standards nord-américains traditionnels, qui sont peu à l'Amérique ce que Petit Papa Noël est aux foyers belges et français...

    Allez, on se remet une petit bouffée de rhum dans les oreilles...

    En quelques mois, « Feliz Navidad » va devenir un énorme succès, partout sur la planète. La version purement espagnole sortira dans la foulée. Pas de version française très connue, en dehors d'une interprétation magistrale de Natasha Saint-Pier. « Feliz Navidad » est l’une des 25 chansons de Noël les plus jouées au monde. L’enregistrement de 1970 recevra même le Grammy Hall of Fame en 2010.
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