• Quatre ans de guerre en Ukraine: le témoignage de trois réfugiées installées en France
    Feb 23 2026

    Le 24 février marque les quatre ans de la guerre en Ukraine. Depuis le début de l'invasion russe en 2022, des millions d'Ukrainiens ont fui leur pays, trouvant refuge notamment en France. Le pays a accueilli 120 000 personnes en quatre ans. C'est le cas de Yuliya, Tatyana et Karina. Elles ont entre 36 et 48 ans. Toutes ont un diplôme d'études supérieures. Elles viennent de Kiev et du nord de l'Ukraine. Laurence Théault les a rencontrées à Saint-Cloud en banlieue parisienne et a recueilli leurs impressions de réfugiées sur cette guerre qui n'en finit pas.

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  • France: des colocations intergénérationnelles contre la solitude des seniors et la précarité étudiante
    Feb 22 2026

    Durant les 25 prochaines années, le vieillissement de la population française posera des problèmes logistiques. C'est la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques qui alerte : d'ici 2050, il faudrait créer 365 000 places en Ehpad et les milliers d'emplois qui vont avec. Une solution alternative réside dans les habitats intermédiaires, comme les résidences autonomes et les colocations intergénérationnelles.

    Reportage de notre journaliste Alix Villeroy dans l'une de ces colocations atypiques,

    Mettre en lien des seniors et des jeunes, c'est l'objectif de l'association Ensemble2générations. Près de Paris, dans les étages d'un immeuble cossu, Sarah, 19 ans, et Françoise, 94 ans, partagent leur quotidien malgré les quelques décennies qui les séparent. « Sarah, qui fait des grandes études, vit avec moi dans ma maison. Ça m'apporte beaucoup et je me suis prise d'affection pour elle », témoigne la nonagénaire.

    Pour ses études, Sarah a dû déménager à Paris, mais en tant qu'étudiante précaire, il lui était difficile de trouver un logement. C'est ainsi qu'elle a rencontré Françoise, et pour se loger, Sarah ne doit dépenser que 10 euros par mois.

    La relation qui se noue entre les deux femmes va au-delà du simple logement et les deux colocataires discutent comme de vraies amies. « Je me suis mise à parler du passé et apparemment, ça intéresse Sarah », se réjouit Françoise. « Elle me parle de la vie de l'ancien temps, ça me fascine !, s'enthousiasme l'étudiante. Tout ce qu'on apprend à l'école, la Seconde Guerre mondiale, eh bien elle, elle l'a vécue ! »

    Françoise montre ses photos, raconte son mariage le 25 octobre 1954 et la perte de son mari, qu'elle adorait, lorsqu'il avait 73 ans.

    « Quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive »

    Cette solution de cohabitation intergénérationnelle est un rempart contre la précarité des étudiants mais aussi contre la solitude des seniors. « C'est ma fille aînée qui a eu cette idée pour que je ne sois pas seule le soir et la nuit. Ma routine, elle est triste quand Sarah n'est pas là, témoigne Françoise. Mais enfin, quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive. »

    Et Sarah renchérit : « Quand je rentre, elle est toute seule devant la télé, donc, je m'assois en face d'elle et puis on discute ensemble. On est censés manger ensemble, que je fasse la vaisselle et ça devrait s'arrêter là. Mais je viens toujours la voir. Les médicaments, je fais en sorte qu'elle les prenne tous les soirs et ce n'est qu'après que je vais me coucher. »

    Un contrat qui devrait durer un an mais que la jeune fille espère bien renouveler, tant le lien d'attachement est devenu fort au fil des semaines. Une opinion partagée par la nonagénaire pour qui Sarah est devenue un membre de sa famille : « J'ai trouvé une cinquième petite fille. »

    L'association Ensemble2générations met en relation entre 100 et 150 binômes de personnes âgées et jeunes par an.

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  • Municipales 2026: à Nice, duel acharné entre les frères ennemis Christian Estrosi et Éric Ciotti
    Feb 19 2026

    À quelques semaines des élections municipales, les journalistes de RFI se rendent sur le terrain pour faire le point sur la campagne dans les différentes villes. À Nice, capitale des Alpes-Maritimes, le scrutin prend des allures de règlement de comptes. Christian Estrosi, maire sortant, et Éric Ciotti, longtemps alliés et désormais rivaux, s'affrontent dans une bataille acharnée pour cette mairie de la Côte d'Azur. Un duel qui anime les conversations des Niçois, même s'il suscite aussi, parfois, une certaine lassitude.

    De notre envoyée spéciale à Nice,

    Ciel bleu, 20°C, un soleil éclatant. En cette journée ensoleillée du 11 février, le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, inaugure la statue du grand écrivain Albert Camus sur la promenade du Paillon. Le lauréat du prix Nobel de littérature était très lié à la ville. Le maire lui rend hommage : « Il y a chez Camus une actualité qui étonne, qui donne même le vertige ».

    Aux côtés de Christian Estrosi, la petite-fille d’Albert Camus, Élisabeth Maisondieu-Camus nous partage volontiers ses inquiétudes : « Je n’ai pas envie d’extrême nulle part. Je suis mesurée. » Un message à peine voilé faisant référence à l’alliance d’Eric Ciotti avec le RN.

    Un soutien bienvenu pour le maire de la ville car la tension est forte alors qu’un sondage Politico sorti cette semaine donne Eric Ciotti en tête des intentions de vote avec dix points de plus que le maire sortant.

    Christian Estrosi est ici chez lui sur la coulée verte qu’il a faite construire. Il s’apprête à lancer des travaux pour une seconde phase. Ces dernières semaines, le maire consacre beaucoup de temps à livrer les dernières réalisations de son mandat et nous explique les transformations. « Vous aviez une gare routière qui dépassait les toitures de chaque rive. »

    L’élu est ravi de nous montrer les sculptures contemporaines de l’école de Nice et la perspective ouverte sur l’Observatoire qui justifie d’avoir rasé le théâtre et le palais des congrès Acropolis. Cette nouvelle phase de construction divise les Niçois, le maire le sait et son rival Éric Ciotti en a fait l’un des principaux angles d’attaque de sa campagne.

    Christian Estrosi relativise. « Cela ne l’a pas empêché en 2020 de me soutenir, y compris dans ce projet. Je voudrais que ce prochain mandat soit quelque part le point d’orgue de l’écrin que nous avons fait ces dernières années. »

    Dans le camp d’en face, le président du parti UDR Éric Ciotti dénonce l’ego démesuré du maire sortant. Et l’attaque sur ses errances politiques : « Il est désormais chez Monsieur (Édouard) Philippe après avoir été le plus proche soutien de Monsieur (Emmanuel) Macron, donc peut-être que demain, il sera au Rassemblement national. »

    Coups bas entre les deux candidats

    Un parricide entre deux anciens alliés qui prennent soin de ne pas se croiser dans la petite rue Richelmi qui voit passer le roi et la reine du carnaval de Nice. Le député croit en la volonté des habitants de tourner la page de l’époque Estrosi « La campagne est très dynamique, une envie extrêmement puissante de changement pour écrire une nouvelle page de Nice ».

    En marge du carnaval, Éric, un Niçois, est lassé par la politique menée par le maire sortant. Il ne revotera pas pour lui. « Il y a les impôts locaux, la transformation de la ville, démolir, reconstruire ailleurs, donc je ne vois pas l’intérêt. » Karine est commerçante à Nice. Elle est consciente que la victoire du maire sortant n’est pas acquise. « J’entends beaucoup de personnes qui voteraient Ciotti ».

    Depuis quelques semaines la campagne s’accélère, les débauchages se multiplient, les coups bas pleuvent. Le maire a d’ailleurs tenu une conférence de presse pour dénoncer les attaques auxquelles certains se prêtent. À Nice, les attaques foisonnent et ce n’est pas près de s’arrêter.

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  • En France, la difficile transmission de la langue maternelle chez les populations d'origine étrangère
    Feb 18 2026

    La journée mondiale de la langue maternelle a lieu samedi 21 février. En France, souvent par peur des discriminations, un Français issu de l'immigration sur quatre n’a pas appris la langue maternelle de ses parents ou grands-parents, selon une étude de l'institut One Poll. Pourquoi l'héritage linguistique est-il si difficile à transmettre au sein des familles ?

    Louise, du haut de ses cinq ans, pétille d'énergie. D'une voix douce, Nasséra, sa grand-mère, parle de son enfance en Kabylie, dans le nord de l'Algérie. C'est dans les bras de sa mère qu'elle rejoint son père ouvrier dans les usines automobiles Renault en France, à l'âge de neuf mois.

    « Mes deux parents sont Algériens. Mon père est arrivé en 1953 à Paris. C'est la première génération qui a immigré. Il est arrivé bien avant l'indépendance de l'Algérie. Il a commencé donc à apprendre le français par son travail dans les usines automobiles Renault. Après l'indépendance en 1964, il a amené sa femme en France et leur premier enfant qui était moi », se remémore-t-elle.

    Assises autour de la table de la salle à manger, Sarah, 37 ans, et sa cadette Amina, 31 ans, interrogent leur mère. Pourquoi ne parlent-elles pas la langue de leurs grands-parents, le kabyle ? « J'étais à l'école en France depuis la maternelle. Je me sens plus proche de la langue française que je maîtrise beaucoup mieux. Même si mes parents, eux, me parlaient kabyle, mais moi, je répondais en français. Des fois, on s'interroge avec mon mari : "Mais comment cela se fait qu'on n'a pas transmis ?" Nos enfants ne parlent pas la langue de leurs grands-parents, de leurs origines. Je pense que c'est volontaire de notre part parce qu'on n'a jamais fait l'effort, nous, de parler kabyle à la maison. C'était plus facile pour moi de vous parler français que kabyle », leur raconte Nasséra.

    « La priorité, c'était l'intégration par l'école. Papa, lui, devait apprendre à parler français grâce à toi. Toi, tu devais gérer une famille de quatre enfants en travaillant aussi. Vous n'avez cessé de nous dire, depuis toutes petites "L'école d'abord, c'est la priorité". Dans une volonté d'avoir une sorte de catalyseur d'intégration par l'école, vous en avez peut-être ''oublié votre kabyle'' », lui répond sa fille.

    Transmettre une langue, ce n'est pas si simple. La linguiste Christine Deprez s'appuie sur l'exemple des couples mixtes et constate que certaines langues sont plus valorisées que d'autres :

    « On peut facilement imaginer qu'un couple franco-américain a plus de chances de transmettre sa langue qu'un couple franco-bambara, par exemple. Pourquoi ? Parce qu'il y a une valorisation de la langue anglaise dans tous les pays, y compris en France. C'est assez évident que c'est une langue d'avenir, une langue porteuse. Le bambara ne l'est pas, sauf dans une petite communauté un peu élitiste et qui revendique sa culture. La langue bambara n'est pas une langue qui est particulièrement valorisée en France. Si vous demandez aux gens ce que c'est, ils répondent ''C'est un dialecte africain''. Il n'y a pas du tout une perception culturelle positive. Elle peut même être entachée d'une forme de racisme. À la fois un racisme colonial, un racisme ethnique, un racisme religieux, etc. Il y a des gens qui cachent leur langue, mais en général, ce sont les enfants. Ils ne mentionnent pas la langue d'origine. Il ne faut pas se culpabiliser, c'est normal. Peut-être qu'après, dans 20 ans, ils vont avoir envie de l'apprendre. »

    C'est le cas d'Amina, 31 ans, qui prend des cours de kabyle. Mais sa mère ne l'aide pas dans cet apprentissage. « Je ne l'ai pas sollicitée. Je fais cela dans mon coin avec mes amis sur internet », explique-t-elle. À cinq ans et demi, Louise est contente de dire ses premiers mots dans la langue de ses grands-parents. Entre le kabyle et le français, sa famille l'écoute émerveillée.

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  • En France, la pratique du carême connaît un nouvel essor chez les jeunes catholiques
    Feb 17 2026

    En 2026, le carême et le ramadan tombent au même moment : le mois de jeûne du ramadan et les 40 jours du carême commencent ce mercredi 18 février. Les deux rites n'ont pas tout à fait le même sens, ni les mêmes traditions. Le ramadan est marqué par un jeûne total du lever du soleil au coucher, et des temps de prière, alors que le carême entraîne seulement des restrictions alimentaires, un renoncement au superflu pour mieux se consacrer à Dieu. En France, peu de catholiques pratiquent le carême. Mais cette tradition trouve depuis quelques années un écho chez les plus jeunes, et jusque sur les réseaux sociaux où ils échangent leur vécu et s'encouragent.

    Juste derrière l'église Saint-Louis, la maison paroissiale est en ébullition. Dans quelques jours, pour les vacances d'hiver, salariés et bénévoles accueilleront des enfants pour des activités périscolaires. C'est là que nous rencontrons Baptiste, 18 ans et Alexandra, 24 ans. Ils s'apprêtent tous les deux à respecter le carême. « C'est la première année où je me lance vraiment à fond. On va dire que j'ai eu un petit accident l'année dernière, donc j'ai envie de remercier le Seigneur en lui montrant que je fais énormément d'efforts pour lui, comme il en a fait pour nous », raconte-t-elle.

    Pour l'un comme l'autre, le carême n'est pas un héritage familial, mais une démarche personnelle. « J'ai commencé à m'y intéresser depuis pas longtemps. J'ai une famille de traditions catholique, mais qui ne pratique pas. J'ai beaucoup été inspiré par ma sœur. Dans le lieu de vie où l'on travaille, cela nous aide », estime Baptiste. « Ma famille respecte ce choix mais ne m'encourage pas forcément. Du côté de mes amis, c'est un peu compliqué d'assumer devant tous mes copains qui ne sont pas forcément croyants. Je le fais de manière assez discrète. Je ne dis pas à tout le monde que je suis catho », affirme Alexandra.

    En France, seuls 15% des 18-29 ans se disent catholiques croyants. Mais paradoxalement, ceux-ci sont très attachés à la pratique religieuse, comme le carême. Edwige Decker, qui dirige le centre de loisirs de la paroisse, l'a constaté : « Je pense que c'est un retour aux sources. Moi, j'ai 50 ans, je viens d'une école catholique où on faisait carême. Ce que je vois, c'est qu'on ne force plus les jeunes à faire quoi que ce soit, à recevoir le baptême, à participer à une retraite. Donc les jeunes que nous avons sont volontaires, sont heureux de le faire, pour retrouver les copains notamment, car la foi passe par la communauté. »

    Anne-Gaëlle, la responsable d'aumônerie, ne peut s'empêcher de faire le lien avec un engouement récent pour le baptême. Les nouveaux baptisés sont passés d'environ 4 000 en 2023 à 18 000 en 2025. La moitié d'entre eux ont moins de 25 ans. « Un environnement pas du tout catholique, rappelle-t-elle. Ils n'ont pas du tout de connaissances religieuses. Dans un monde dur aujourd'hui, des jeunes recherchent un sens à leur vie et qui ont envie de découvrir Jésus. »

    Pour ce qui est du carême, il faut peut-être y voir l'influence des copains musulmans, suggère l'une d'elle. Ces copains qui pratiquent plus couramment le ramadan. « C'est vrai qu'au lycée, c'est un grand sujet de discussion, le ramadan, le carême. J'ai des amis musulmans qui le font en famille. Alors que le carême, si on n'a pas une famille très pratiquante, cela se perd un peu », constate Alexandra. C'est donc avec des copains de la paroisse que Baptiste et Alexandra partageront le carême. Alexandra s'engage à consommer moins de sucre et à prier davantage. Pour Baptiste, ce sera moins de sport pour plus de messe.

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  • Les craintes autour du collier dopé à l'IA commercialisé pour être un meilleur ami
    Feb 16 2026

    Depuis un peu plus d'une semaine, d'énigmatiques publicités sont apparues sur les murs du métro parisien… Épurées, on y voit un simple pendentif blanc, avec des slogans comme « Je prendrai toujours le métro avec toi », « Je ne laisserai jamais de vaisselle dans l'évier »… des promesses émises par un collier dopé à l'intelligence artificielle, vendu comme un nouveau meilleur ami. Il s'appelle d'ailleurs Friend, ami en anglais, commercialisé par l'entreprise américaine du même nom. Une campagne publicitaire internationale, qui a provoqué un tollé instantané : la plupart des affiches ont été vandalisées. Et suscite de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux.

    Par Alix Villeroy

    Le collier contient un micro ouvert en permanence, analyse les conversations, envoie ses réactions sur le téléphone de l'utilisateur et fait réagir le public. Comme ici, aux abords du métro parisien.

    « Honnêtement, c'est un peu flippant parce qu'on a l'impression qu'on passe de l'IA qui est déjà beaucoup dans notre vie à l'IA qui devient notre amie », réagit un usager du métro parisien.

    « J'ai l'impression qu'on est en train de rentrer dans le monde de George Orwell. Et en vrai, c'est encore un énième truc qui va nous surveiller », compare cet autre usager.

    « Je trouve ça tout à fait terrible. On paye pour avoir de l'attention, mais si dorénavant nous avons directement notre mouchard autour du cou !... », s'indigne ce voyageur.

    L'intelligence artificielle « m'a contaminée »

    L'IA semble omniprésente dans les quotidiens.

    « C'est horrible, quand j'étais en flirt avec une fille, j'ai envoyé juste un bout de la conversation pour avoir une piste sur la suite. C'est horrible de faire ça », raconte ce jeune homme.

    Pour cette femme, c'est un allié dans ses relations. « ChatGPT m'aide à gérer certaines situations compliquées, notamment au niveau de mes amitiés. »

    Pour cette autre femme, l'intelligence artificielle est utilisée « un peu pour tout. Maintenant, c'est vrai que, malheureusement, ça m'a contaminée, mais après, de là à avoir un collier… Moi personnellement, non ! »

    « Les agents conversationnels sont conçus avec des mécanismes de profilage »

    Selon une étude Ipsos, 32 % des étudiants utilisent l'intelligence artificielle au moins une fois par jour pour leur vie professionnelle et personnelle. Jean-Gabriel Ganascia est spécialiste des questions d'éthique relatives à l'IA. Il s'inquiète d'un enfermement de la personne.

    « L'attachement, c'est un concept qui a été introduit pour montrer que ce que l'on recherche, c'est une forme de sécurité, de protection. Et il semblerait qu'on puisse transposer ce concept à la relation avec ces agents conversationnels. C'est bien sûr ce qui se produit avec ce petit pendentif qui se présente comme un ami. Et le risque, c'est qu'il se substitue aux amis. »

    Une entreprise privée qui aurait donc accès aux données sensibles des utilisateurs en écoutant leurs conversations, mais qui pourrait aussi les influencer.

    « Les agents conversationnels sont conçus avec des mécanismes de profilage. C'est-à-dire qu'on vous donne l'information qui vous correspond exactement. On parle de bulles de filtres et le risque, bien sûr, c'est que l'espace public risque progressivement de disparaître et on arrive dans des sociétés de plus en plus fragmentées où on ne se comprend plus », complète Jean-Gabriel Ganascia.

    La Commission nationale de l'informatique et des libertés a déjà été saisie pour vérifier que l'entreprise Friend.com respecte les législations en matière de collecte et de traitement des données.

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  • France: plus de 120 000 postes sont vacants dans la restauration en raison des conditions de travail
    Feb 15 2026

    En France, la restauration a du mal à embaucher et, bien souvent, les salariés ne restent que quelques mois. Plus de 120 000 postes sont vacants, sans compter les saisonniers. Depuis la pandémie de Covid, le turnover a dépassé les 50 %. Une perte d'attractivité qui s'explique par des rémunérations modestes, pour des conditions de travail difficiles.

    Pas d'afflux de touristes ou de rush infernal dans ce restaurant italien du 15ᵉ arrondissement de Paris. L'ambiance y est tranquille. Pourtant, même dans ces conditions favorables, la patronne Valentina Costantino peine à fidéliser ses salariés. « Ils viennent faire un test une journée mais à la fin, ils sont trop fatigués », déplore-t-elle. Alors, l'Italienne de 31 ans multiplie les annonces pour s'en sortir : « Par chance, j'arrive à avoir quelques extras qui font des études et ont donc besoin de travailler. Mais parfois, je suis seule, je suis obligée. »

    Pour une ancienne serveuse de 23 ans préférant garder l'anonymat, les conditions de travail expliquent le turnover chez les serveurs. Elle a dit stop, après avoir fait le tour des restaurants de sa ville. « J'ai commencé la restauration à 15 ans, de manière totalement illégale, ce qui est très courant, témoigne la jeune femme. J'étais payée au black. »

    Huit ans après, elle en garde un souvenir amer : « Tu travailles 12h mais tu en es payée 8, tu ne vois pas tes amis ni ta famille, tu te couches à 3h et le lendemain, tu dois te lever à 8h ou 9h pour être au taff à 10h. »

    Et quand elle voit ses anciens collègues accepter ce rythme et les abus des managers, une colère demeure. « Ça m'énerve, car il suffit de dire non et ils n'ont pas de pouvoir pour faire quoi que ce soit, martèle-t-elle. À part nous faire la vie dure. Mon manager m'a dit : "T'es un poison pour l'entreprise, personne ne veut de toi, on attend qu'une chose, c'est que tu te barres !" »

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    Des conditions de travail précaires

    Pour la CFDT hôtellerie tourisme restauration, la pression sur le salarié vient des effectifs de plus en plus restreints depuis la crise sanitaire. Une organisation du travail qui nécessite d'être polyvalent.

    « Comment est-ce qu'on rémunère de la polyvalence ?, interroge Zineb Belambri, secrétaire générale de la CFDT hôtellerie tourisme restauration. Ça veut dire que derrière, il n'y a pas de compétence qui est déterminée, qui est qualifiée. Tout le monde peut le faire, donc c'est au rabais. Il faut pouvoir former les gens et cette formation justifie une rémunération digne de ce nom. »

    Si la formation des employés est chère aux yeux de la syndicaliste, elle est difficile à mettre en œuvre, puisque les effectifs sont très fluctuants. La moitié des contrats dans la restauration sont à temps partiel, soit environ 500 000.

    À écouter dans 8 milliards de voisinsLes métiers de la cuisine : un tremplin pour la jeunesse ?

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  • Municipales 2026: dans le Pas-de-Calais, une association incite les femmes à s’engager
    Feb 12 2026
    C’est la grande nouveauté des élections municipales en France de mars prochain. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidats doivent désormais présenter des listes paritaires. Un casse-tête dans certains villages où les conseils municipaux sont encore très largement masculins. Alors l’association Elles Aussi parcourt la France pour convaincre les femmes de se lancer. De notre envoyé spécial à Fresnes-lès-Montauban, dans le Pas-de-Calais, au nord de la France, Dans la salle des fêtes de cette commune de 600 habitants, essentiellement des femmes et quelques hommes ont pris place autour d’une table, installée devant un écran. Thierry est l’un d’eux. Il se présente pour devenir maire de Dury, son village natal, à quelques encablures de là. La liste qu’il présente est paritaire. Un objectif atteint non sans peine : « Il y a toujours des refus pour cause professionnelle ou personnelle », développe-t-il. Trouver des candidates prêtes à se lancer n’a pas été simple. Il a essuyé plusieurs refus, confirme Delphine, assise à ses côtés. Elle est l’une des rares femmes du conseil municipal sortant de Dury, composé à plus de 70 % d’hommes. « Ma place dans le conseil a été un peu compliquée », euphémise l’élue, qui fait tout de même le choix de rempiler. Pendant six ans, elle a eu le plus grand mal à s’imposer dans cet univers très masculin. « Lorsque l’on a rénové la salle des fêtes, à plusieurs reprises, j’ai demandé à faire partie de la commission chargée d’organiser les travaux. Je n’ai jamais été conviée, explique Delphine. La seule fois où on m’a sollicitée, c’était pour la couleur des murs et du carrelage », soupire-t-elle. À l’échelle de la France, seuls 23 % des conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants sont proches de la parité (entre 45 % et 55 % de femmes). Le département du Pas-de-Calais est l’un des plus mauvais élèves en la matière, selon les données comptabilisées par le réseau Élues Locales. À lire aussiFrance: d'après une étude, la parité au sein des conseils municipaux progresse lentement Sentiment d’illégitimité Pour inciter les femmes à se lancer, les aider à trouver leur place au sein d’un conseil municipal ou les aiguiller pour concilier vie personnelle et professionnelle, l’association délivre des conseils et fait aussi témoigner des élues qui ont déjà sauté le pas. « Quand ils ont constitué la liste, ils sont venus me voir. J’étais absente, alors mon mari a répondu. Il leur a dit : "​​Je ne crois pas que ça va l’intéresser". Rien que ça, ça m’a fait bondir », raconte une élue. Elle est passée outre : « Je me suis dit que c’était une bonne chose, et puis j’étais curieuse de découvrir le fonctionnement de la mairie. » Élodie a écouté attentivement l’exposé. Elle habite Fresnes-lès-Montauban, où le conseil municipal sortant est déjà paritaire. Presque une exception dans le département. Or, toutes les conseillères municipales ne se représentent pas. Alors la maire de la commune l’a convaincue de rejoindre sa liste, il y a quelques semaines. Elle n’a pas hésité. « J’en avais très envie, mais honnêtement, si on n’était pas venu me chercher, je n’aurais jamais sauté le pas », confie-t-elle. Habitante du village depuis cinq ans, Élodie doutait jusqu’alors de sa légitimité : « Ça nous paraît ouvert à ceux qui sont dans la commune depuis quarante ans et qui connaissent du monde. Donc, je me voyais mal être représentante de la commune en y étant depuis cinq ans. » Pour briser le frein du manque de légitimité, la loi imposant la parité sur les listes municipales des communes de moins de 1 000 habitants était nécessaire, juge Véronique Genelle, co-présidente de Elles Aussi. « La loi permet de sensibiliser à la parité, si elle n’existait pas, il est certain que la parité aurait mis beaucoup plus de temps à s’imposer ». À la fin de la réunion, un petit livret est distribué, un « guide pratique de la candidate » pour les accompagner dans leur engagement. À écouter dans DécryptageMunicipales : quoi de neuf en 2026 ?
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