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Monde sensible

Monde sensible

Von: Magali Flesia
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Über diesen Titel

Je m'appelle Magali Flesia, je suis coach et superviseur. Ce podcast s’adresse aux professionnels de l’accompagnement qui souhaitent découvrir une manière parmi d’autres d’utiliser les techniques de l’improvisation appliquées au coaching, à la supervision, à la formation et à l’animation d’ateliers de cohésion en entreprise. Il a pour vocation de valoriser les approches "tête-coeur-corps", et de réhabiliter sensibilité et intuition dans le domaine professionnel. J'espère qu'il permettra aussi de mieux faire connaître nos métiers, parfois perçus comme "opaques". Bonne écoute !Magali Flesia Management & Leadership Ökonomie
  • Un rat dans la cuisine
    Apr 9 2024

    J’entendais trifouiller dans mes placards de cuisine depuis quelques jours. Au départ, deux petites crottes près de la gamelle vide des chats. J’ai compris que l’un de nos félins avait ramené la bête à l’intérieur.

    La chasse au rat a duré 1h. Le combat final une quinzaine de minutes. Epuisette à la main, je me suis battue héroïquement. Une fois l’animal saucissonné dans mon filet, j’ai pu le libérer dans le jardin, les jambes encore tremblotantes. J’avais gagné.

    Les jours qui ont précédé ma victoire, Supermulot a occupé mon esprit et mes nuits. Les injonctions de mon entourage ont déferlé à l’annonce de sa capture : « Achète des tapettes ! Tu en mets partout ! Et hop ! », « Il faut une cage ! Tu les attrapes et tu les noies ! », « Le poison ! Y a que ça qui marche. » Car c’est ainsi que nous réagissons quand nous nous sentons en danger. Quand un élément (ou un individu) perturbateur vient perturber, justement, l’équilibre de notre douce existence. Un réflexe qui consiste à vouloir se débarrasser du « problème » de manière radicale.

    Je fais le lien avec une formation où un différend avait éclaté entre deux stagiaires. L’un deux, un homme, avait fait preuve d’agressivité envers la seconde. Elle était venue me voir en me confiant qu’elle avait peur qu’il ne lui fasse du mal. En écoutant son récit, j’avais ressenti cette fameuse boule au ventre qui m’est si familière. Je lui avais répondu alors qu’elle pourrait compter sur moi. Que je questionnerais son compère pour élucider l’affaire et recadrer la situation. Entre-temps, plusieurs participants étaient venus tour à tour m’informer du comportement inacceptable du principal suspect. Leur colère était ouvertement exprimée, et si personne ne formula d’injonction, le message était clair : « C’était inadmissible et ce gars-là n’avait rien à foutre là ». Si j’avais écouté mes émotions à ce moment-là, entre peur et indignation, j’aurais certainement condamné le stagiaire concerné. Je lui serais peut-être rentrée dans le lard direct, ou j’aurais fait le nécessaire pour qu’il quitte le groupe une bonne fois pour toutes. J’assurai le suivi de l’affaire les semaines qui suivirent, en off, et la situation s’apaisa d’elle-même. Leurs relations redevinrent cordiales, et l’affaire était classée.

    Nos émotions sont comme un grand siphon. Nous baignons dans ce siphon jusqu’au cou. Les moments où nous « pétons les plombs », sont les moments où nous ne parvenons pas à maintenir la tête hors de l’eau. Notre capacité à garder la tête hors de l’eau, et donc à continuer de réfléchir posément malgré la tourmente intérieure, dépend de nous ET de notre contexte à l’instant T. Un pétage de plombs est un symptôme comme un autre. Il parle d’un système.

    En improvisation théâtrale, nous cherchons à développer notre capacité à prendre de la hauteur par rapport à la situation que nous sommes en train de co-créer en temps réel, pour pouvoir contribuer à sa cohérence globale. Nous sommes ouverts, à l’écoute, en accueil… mais il arrive que nous bugguions. Quand j’ai l’impression que mes partenaires « fabriquent » trop l’histoire, ou que je ne suis pas suffisamment à l’écoute, alors il m’arrive de ressentir cette tension, devant ce que je juge d’incohérent à ce moment-là. Cette tension engendre automatiquement la fermeture, la résistance, le refus. Comme pour Supermulot, ou pour notre stagiaire. Quand le beurk s’arrête au jugement, et que nous arrivons à passer outre pour retrouver notre posture d’ouverture et d’accueil, lâcher le cerveau pour en revenir à l’ici et maintenant de ce que nous exprime notre interlocuteur, alors « emballez, c’est pesé ! » Mais quand nous restons campés sur nos résistances, qui viennent alimenter nos croyances, confirmer nos jugements, influencer nos décisions et nos actes, alors c’est raté.

    La prochaine fois que vous observerez un discours ou un comportement qui vous insupporte, oubliez tapettes, cages et poison. Respirez, sortez du siphon !

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    6 Min.
  • Lâcher-prise et "faire avec"
    Mar 26 2024

    Le comédien est debout sur scène, face public, immobile et concentré. Il sait qu’à partir du coup de sifflet il disposera de 45 secondes pour donner vie à un personnage, une action, une situation : il est à la fois comédien et metteur en scène. La performance improvisée dépendra de sa capacité à interpréter le thème. 45 secondes pour lâcher-prise, donner vie à un fragment d’histoire et embarquer son public. Le thème imposé, qu’il ne connaît pas à l’avance, est son sujet. A partir du moment où il lui sera lancé par le présentateur, le comédien improvisateur devra se jeter à l’eau instantanément, sans même avoir le temps de réfléchir.En animation de sessions de prise de parole en public pour managers, j’utilise un exercice qui consiste à inventer une histoire en cinq étapes à partir d’un mot. Très souvent, au moment où ce mot est donné, le participant lève les yeux au ciel, en mode « Wouhaou, c’est difficile ! » Trois secondes s’écoulent ainsi avant qu’il ne se décide à commencer son histoire. Trois précieuses secondes qui ne sont pas mises au service de sa concentration mais de son jugement par rapport au thème imposé. Ces trois secondes cristallisent notre difficulté à accueillir ce qui se présente à nous, et que nous n’avons pas choisi, sinon avec enthousiasme, du moins avec ouverture. Elles sont représentatives de notre incapacité à rester mobilisés face à l’imprévu. Certaines personnes réagiront ainsi quelque soit le thème : ce n’est jamais le bon, il est toujours difficile, « Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire ? » Les compétences et les outils de l’improvisation théâtrale permettent de « faire avec », sans sourciller. En 45 secondes, nous n’avons pas le temps, devant un public, d’évaluer si le thème nous convient ou pas. Si nous aurions pu avoir mieux ou pas. Nous devons faire. Faire avec, coûte que coûte. Toute la subtilité, selon moi, consiste à interpréter un thème à partir de notre univers spécifique. Comme je le dis souvent : « Tu n’as pas le choix, tu dois en faire quelque chose. Alors fais-en ce qu’il te plaît. » Par exemple, si le thème imposé est « Elections présidentielles », et que je ne suis pas inspirée par ce genre ce sujet, il me faut, en une fraction de seconde, trouver l’intention précise où je serai en mesure de me sentir à l’aise, à ma place, et en capacité à créer un résultat efficace, performant.Le secret, c’est d’incarner immédiatement un personnage dans lequel je me sens à l’aise. Peu importe le personnage, il faut plonger direct, pas le temps de réfléchir. L’un des principes de l’improvisation et du lâcher-prise, c’est de s’adapter sans cesse. Accueillir la contrainte pour ce qu’elle est, sans disperser sa concentration ni son énergie dans le jugement. Puis se positionner, affirmer sa propre manière d’intégrer cette contrainte pour créer, innover. Bien entendu, cette intention est plus facile à nourrir et à développer sur une scène, dans le cadre d’un spectacle où le comédien est là pour ça, préparé à improviser avec tout ce qui se présentera à lui. C’est d’ailleurs pour l’exercice, précisément, qu’il pratique le théâtre d’improvisation. Dans le monde de l’entreprise, nous ne choisissons pas toujours. Nous n’avons pas que des contraintes à intégrer, précises, et encore moins ludiques, mais aussi des aléas interactionnels qui, au bout de plusieurs jours, semaines et mois, voire de plusieurs années, mettent la motivation et la collaboration à rude épreuve. Les enjeux ne sont pas les mêmes non plus, et les responsabilités impactent bien souvent d’autres personnes que soi-même. De plus, les process en place ne permettent pas toujours de déployer des actions personnalisées. Et pourtant, il existe bien un espace, une fine marge de manœuvre personnalisable, même infime, qui rend possible l’appropriation et permet de déployer un leadership juste et adapté, au service de ses objectifs.

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    7 Min.
  • Lâcher-prise et créativité
    Mar 12 2024
    • Souvent, on pense que pour improviser, il faut avoir de l’imagination, qu’il faut être créatif. En réalité, non. Il suffit de savoir faire simple, évident, juste. Et si cela peut sembler peu, en réalité, c’est déjà énorme. Mais nous avons tellement l’habitude de devoir produire plus, faire mieux, innover sans cesse pour nous démarquer, que nous oublions parfois que la simplicité est bien souvent synonyme d’efficacité. À trop vouloir faire différent, original, unique, nous passons quelques fois à côté de la véritable performance créative. Nous oublions aussi que nous avons des croyances et des représentations, et que notre représentation de la créativité et notre rapport à la créativité nous portent, ou nous limitent. La créativité naît de la rencontre entre la simplicité du réel, du logique, du cohérent, du connu et l’originalité, l’unicité de notre univers. En improvisation théâtrale, notre univers spécifique s’exprime à travers les personnages que nous choisissons de mettre en scène, avec leurs caractéristiques particulières. La rencontre de cette intention de jeu qui est la nôtre, avec la logique globale de la scène, la cohérence globale, permet à la troisième voie d’émerger. Cette troisième voie, c’est l’œuvre, le fruit de notre créativité. Etre créatif, c’est être en capacité de faire des liens entre les choses, les idées, et donner à voir ou à entendre ces liens spécifiques à notre manière de traiter l’information. Tout le monde est en capacité de faire des liens et tout le monde fait des liens de manière spontanée. En revanche, il est vrai que nous sommes plus ou moins entraînés à lâcher-prise pour laisser émerger ces liens, qui paraissent parfois bien surprenants… aux autres et à nous-mêmes. J’aime croire que nous sommes tous créatifs, mais que certains ont simplement perdu l’habitude de faire émerger ces liens et de les exprimer. Certaines personnes pensent ne pas être créatives, ne pas être capables de créer, par manque d’idées. A l’inverse, d’autres se considèrent « très » créatives, et souhaitent tellement afficher leur originalité, qu’elles n’hésitent pas à créer à tout prix, quoi qu’il en coûte… à leur entourage. D’où, peut-être la réputation des artistes d’être dénués de cadre et de rigueur… d’où, peut-être, le fait que le mot « artiste » soit utilisé, dans certaines entreprises, en guise d’insulte. Paradoxalement, c’est quand un comédien cherche à être original dans une improvisation, qu’il prend le risque de « larguer » ses partenaires. Parce que quand on souhaite être original, généralement, on fabrique, on invente, on imagine. Quand on imagine, on est dans sa tête, dans son mental : on maîtrise, on oriente, on pousse au chausse-pied ou on tire au forceps… On cherche à agir sur l’histoire, alors que toute la subtilité de l’improvisation réside dans le fait de « laisser émerger ce qui est », en temps réel, tout en intégrant le réel, le cadre des éléments déjà posés. Il ne s’agit pas forcément de trouver l’idée géniale, de se montrer hyper créatif, mais de savoir œuvrer au service de la cohérence de l’ensemble. Que ceux qui se pensent a-créatifs se rassurent (si tant est qu’ils aient une perception suffisamment positive de la créativité pour apprécier le fait d’être rassurés sur ce point) : s’ils pensent avoir un sens de la logique trop développé pour pouvoir être créatifs et créer, il n’en est rien. Ils ont déjà le sens de la cohérence. Il suffira pour certains d’explorer leur capacité à associer des idées en apparence opposées. Oser s’ouvrir à ce qui diffère, surprend, déroute, perturbe et remet en question. Pour d’autres, de dépasser leur crainte de ne pas maîtriser, de produire un résultat juste « moyen » ou pire, banal. La créativité, l’innovation et l’invention fonctionnent à partir du moment où elles font simple, juste et vrai.
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    6 Min.
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