La Communauté des Invisibles Titelbild

La Communauté des Invisibles

La Communauté des Invisibles

Von: Joffrey LEBOURG
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Über diesen Titel

Vous aimez les créatures fabuleuses ? Vous voulez savoir d'où elles viennent, à quoi elles ressemblent, quel était leur rôle symbolique dans leur culture d'origine ? Ce que la pop culture en a fait, ou s'il en reste des traces dans le monde moderne ? Alors, vous êtes au bon endroit ! Des grands classiques aux oubliés, des plus amicaux aux moins sympathiques, sur tous les continents, redécouvrons ceux que le progrès a voulu enterrer : la Communauté des Invisibles !

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Joffrey LEBOURG
Sozialwissenschaften Spiritualität
  • CDI Rubrique-à-brac #5
    Feb 7 2026

    Au rayon des classiques qui ne gagnent pas à être connus, évoquons la cocatrix. Vous vous souvenez de son cousin, le basilic ? Elle est pire ! Elle se présente comme un serpent avec des ailes de chauve-souris, mais les pieds et la tête d’un coq. Elle a le même regard mortel, la même odeur toxique, mais pas de chant funeste ; à la place, sa morsure contient un venin fulgurant. Et elle peut voler, contrairement au basilic ! Elle ne craint qu’un adversaire : les belettes.

    Plus appréciable, la salamandre est un amphibien légendaire qui incarne la puissance du Feu. Il dort dans les cheminées, se baigne dans la lave et sa peau est si chaude qu’elle enflamme tout ce qui l’approche. A l’inverse, son sang est si glacial qu’il éteint n’importe quel incendie, et elle possède le plus puissant de tous les venins. On la dit capable de vivre mille ans et douée de parole, pour transmettre la sagesse acquise avec sa longévité.

    S’il y a bien un guide à écouter, c’est le nahual. Ces esprits mi-humains mi-animaux, parfois associés à des ancêtres réincarnés, sont au cœur du folklore d’Amérique centrale. Ils protègent les lieux sacrés, font respecter les interdits. Et chaque personne est placée sous la protection d’un nahual, en fonction de sa date de naissance, à la manière des totems d’autres cultures.


    Connaissez-vous un alan ? Pas le prénom : je parle de l’être philippin décrit comme une grue à tête humaine, avec des orteils au bout des ailes et des mains à la place des pieds, pour mieux se suspendre la tête en bas. Il paraît qu’ils naissent quand l’un des leurs verse du sang menstruel sur un fœtus avorté. C’est bien, mais… dans ce cas, comment est apparu le premier ?!

    Le Japon aime bien ses poissons-chats. Il y en a même une espèce magique, tapie au fond des lacs, capable de sentir les vibrations du sol et douée de facultés divinatoires : le namazu. D’ailleurs, l’archipel japonais est censé se trouver sur le dos d’un namazu géant qui, en se débattant contre le pieu qui l’épingle à la croûte terrestre, déclenche les nombreux séismes dont est affligé le pays du Soleil levant.

    A choisir, je préfère le namazu à ce qui hante les terres brésiliennes : le minhocão. Un monstrueux maillon manquant entre le lombric et la sangsue, large d’un mètre et long de vingt-cinq, avec deux gros palpes tactiles sur la tête. À l’aise sous terre comme dans les fleuves, il laisse néanmoins un sillon très reconnaissable dans le sol quand il pourchasse de gros animaux, ou bien des humains.


    En d’autres eaux, la selkie est une race légendaire présente surtout aux Shetland, avec des traces folkloriques en Norvège ou dans les Orcades, pour laquelle j’ai – je l’avoue – une grande affection et qui est, de fait, très présente dans mes différentes séries. Ayant l’aspect d’un grand phoque, elle peut retirer sa peau pour devenir une belle, curieuse et naïve jeune fille partant à la rencontre des humains. Hélas, elle perd ainsi ses pouvoirs et devient vulnérable.

    Plusieurs légendes parlent d’hommes fous « d’amour » – si on ose appeler cela ainsi… – qui volent cette combinaison pour que la selkie les épousent. Mais elle la retrouve un jour, reprend alors son apparence première et s’enfuit dans la mer, abandonnant mari et enfants. J’attire votre attention sur le fait que le récit stigmatise souvent le comportement de mauvaise mère de la selkie et jamais celui du type qui la contraint au mariage par le chantage…

    Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).


    Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish

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    4 Min.
  • CDI Rubrique-à-brac #4
    Jan 31 2026

    On démarre l’épisode du jour avec l’ondine, génie des eaux germaniques. D’aucuns veulent la rattacher aux nymphes, d’autres aux fées telle la nixe – les mots nixe et ondine sont souvent utilisés indifféremment. Mais mon étude du folklore me conduit à penser qu’il faut les séparer. Les ondines semblent des entités primitives, plus puissantes, capables d’assécher les sources si on les contrarie et gardant des trésors dans leurs grottes submergées, avec des caractéristiques reptiliennes, comme leur cousin archaïque le drac (alias la bigorne) qui habite les rivières de la Provence à l’Anjou et a été associé tardivement aux démons ou aux dragons. La célèbre Lorelei du Rhin a une attitude qui rappelle les ondines, mais une grande beauté qui colle davantage aux nixes.

    Autre magicienne qui semble distincte des nymphes, même si elle occupe une fonction similaire, l’askafroa scandinave – ou wili, dans les pays slaves – est la gardienne des bois, associée (d’après son nom) aux frênes. Les sources à son sujet sont rares, mais la tradition de faire une offrande aux bosquets de frênes une fois par an a perduré pendant très longtemps.


    Parmi les dernières bizarreries d’Océanie, citons des anges sauvages, protecteurs eux aussi des forêts : les hākuturi. Hommes-oiseaux au service du dieu Tani, ils sont impitoyables envers les braconniers ! Alors que les askrafroa semblent n’être que des femmes, eux ne comprennent que des mâles.

    En Indonésie, on mentionne d’autres créatures surhumaines qui aident les dieux à lutter contre les démons, bien qu’elles semblent être une espèce à part entière : les barongs. Ils oscillent entre une forme féminine, magicienne à l’aspect ordinaire, et une forme de combat masculine : un animal haut de cinq ou six mètres. Lions, sangliers, tigres, dragons… Il en existe même certains qui demeurent humains, sous forme d’un géant ! L’un d’eux joue un grand rôle dans le Destin de Salamandre.


    Au Proche et Moyen-Orient, la licorne a de la concurrence, en la personne du re’em. Cité uniquement dans la Bible, cet animal semble investi d’un puissant pouvoir lumineux. Selon les descriptions, il ressemble soit à un buffle – confusion avec les fossiles d’auroch ? – soit à une antilope, apparenté alors à l’oryx. Il peut avoir aussi deux cornes, ou bien une seule, peut-être par confusion avec le mythe grec des licornes.

    Autre antilope qui sort de l’ordinaire : l’éale. En plus de mesurer le gabarit d’un cheval, elle possède une queue d’éléphant et des défenses de sanglier pour déterrer les racines. Mais surtout, ses immenses cornes peuvent pivoter à loisir, pour mieux empaler les prédateurs inconscients qui l’attaquent ! Elle vivrait de l’Éthiopie à l’Inde, comme son ennemi naturel, la lucrote, qui apparaît deux fois dans mes ouvrages.

    Cette énorme hyène, capable de changer de couleur pour se camoufler et d’imiter les voix humaines afin de attirer les braves gens dans des traquenards, jouit de grandes mâchoires d’une puissance exceptionnelle et d’un système digestif ultrarapide. Ce qui veut dire qu’elle a tout le temps faim, ou peu s’en faut… On dit aussi qu’après sa mort, les yeux de la lucrote se changent en gemmes magiques, dont les pouvoirs sont encore inconnus.


    Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).


    Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish

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    4 Min.
  • CDI Rubrique-à-brac #3
    Jan 24 2026

    Bienvenue dans le trentième épisode – déjà ! – de la Communauté des Invisibles. Poursuivons notre tour du monde des créatures étranges !


    Merci d’écouter La Communauté des Invisibles ! Mon nom est Joffrey Lebourg, journaliste, podcasteur (je propose aussi une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas.

    Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour les amateurs de quête épique cherchant d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).


    La mandragore est une plante, réelle, dont le tubercule bosselé évoque vaguement une forme féminine. Elle a été l’objet de nombreuses rumeurs, assimilant sa naissance à la fécondation d’une terre sacrée par la semence humaine, lui attribuant d’immenses propriétés magiques, détaillant les précautions à suivre pour la déterrer sans déclencher un cri mortel… Elle incarne un fantasme, celui du pont entre humanité et végétation.

    Si vous aimez plutôt les mélanges terre-mer, vous adorerez le capricorne ! Avant d’être un signe zodiacal, c’est une constellation reconnue par les Mésopotamiens et associée au dieu des Eaux, puis les Égyptiens, puis les Grecs qui l’assimilent plutôt à l’agriculture. Tous affirment qu’il possède l’avant d’une chèvre et une queue de poisson en guise d’arrière-train, mais il est aussi présent en Inde avec un corps de crocodile, une tête caprine et une nageoire de triton. Paradoxalement, cet animal ne fait l’objet d’aucune légende majeure, la documentation à son sujet est presque inexistante !


    Créer la vie, surtout à partir de matière inerte, a toujours été un élément récurent des légendes – des centaines de peuples, autour du monde, évoquent une humanité sculptée dans l’argile – autant qu’un rêve de sorcier. Pour cela, il y a plusieurs écoles. Les alchimistes, en bidouillant leurs fioles, tentèrent de créer des serviteurs baptisés « homoncules ». Parfois ils restent sans corps, parfois ils en ont un, parodie d’humanité miniature, ou bien de taille standard : on lit tout et n’importe quoi sur ce sujet !

    La Torah juive évoque une entité de terre et de boue défendant les lieux saints ou protégeant le peuple des persécutions : le golem, animé soit par un mot sacré gravé dans son front, soit par un parchemin placé dans sa bouche. Dépourvu d’âme et d’esprit, il se borne à obéir. Désormais, cette créature est très répandue dans la fantasy et on croise des golems composés avec bien d’autres matières : le bois, la paille, la cire, la pierre, des morceaux de métal…

    Sous d’autres cieux, les chamans inuits façonnaient aussi leurs golems en mode Frankenstein. En effet, le tupilak est un assemblage de peaux tannées et de morceaux animaux naturalisés, gonflé comme une outre par la magie noire. Il est fabriqué pour garder un repaire ou traquer un ennemi ; s’il échoue dans cette tâche, cependant, il renoncera – trahissant une légère capacité de jugement, contrairement au golem – et retournera auprès de son créateur pour le dévorer.


    Après ces lubies européennes, filons aux antipodes. L’Australie n’étant pas assez dangereuse au goût de ses habitants, malgré les innombrables animaux toxiques de ses terres comme de ses mers, ils ont inventé d’autres créatures redoutables. Par exemple, la yowie : un lézard long de trois mètres, avec des pattes et des mandibules de fourmi !

    Le plus connu demeure bien sûr le bunyip, décrit comme un mélange de chien, d’ours et de loutre, et pourtant cousin supposé de l’ornithorynque, aux dimensions d’un hippopotame. En dépit de son allure bestiale, c’est un être très intelligent, superprédateur des lacs et des rivières. On le dit doué de magie, capable de contrôler les flots et même d’imiter la forme humaine, car c’est aussi un protecteur totémique des peuples aborigènes. Tous deux sont mentionnés dans La quête de Salamandre.



    Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish

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