• Émission spéciale Ukraine à l'occasion des quatre ans de la guerre
    Feb 20 2026

    Notre grand invité est Charles Michel, ancien président du Conseil Européen (2019-2024) et ancien Premier ministre belge.

    Emmanuel Macron a raison de reprendre le dialogue avec Poutine

    Alors qu'il était président du Conseil, quand la guerre à éclaté le 24 février 2022, Charles Michel en garde un souvenir fort. « La nuit de l'invasion russe, Volodymyr Zelensky m'a téléphoné pour me dire que la guerre avait démarré sur l'ensemble du territoire. Un homme qui était traqué : on avait peur qu’il soit capturé ou éliminé par les Russes. C’était un des objectifs de Poutine ! » Il salue la fermeté et la rapidité des Européens. Selon lui, Vladimir Poutine a été pris par surprise, car il pensait que l'Ukraine allait s'effondrer en quelques jours et que l'Europe allait se diviser. Or il y a eu unité chez les Européens pour livrer des armes.

    Pourtant, quatre ans après et avec le 20ème paquet de sanctions européennes, quel est leur impact sur le pouvoir russe ? Selon Charles Michel, « ces sanctions font du mal économiquement à Poutine et la levée des sanctions de l'UE peut être un levier de pression lors des négociations ».

    Si Donald Trump a baissé sa contribution envers l'Ukraine, l'UE prend le relais avec une aide financière de 90 milliards. « Il faut faire plus encore, c'est un investissement pour nous, pour notre paix, soutenir les Ukrainiens c'est soutenir notre propre avenir. Il faut néanmoins que les Européens s'affranchissent des Américains en développant des projets de défense industriels et les programmes de surveillance satellitaire comme Starlink, mais cela prendra du temps ».

    Concernant les négociations de paix ou de cessez le feu, Charles Michel estime que « c’est une honte que les Européens soient mis à l'écart ». Selon lui, Emmanuel Macron a raison de vouloir reprendre le dialogue avec Poutine sans naïveté. « C’est un conflit qui va impacter le sort de nos enfants et petits-enfants. On ne peut pas accepter les bras ballants que les Américains et les Russes jouent à la roulette russe avec notre avenir ».

    Avec un long reportage en Ukraine

    « Ukraine : l'Europe au front »

    Quatre ans après l'invasion russe à grande échelle, l'UE s'impose comme le principal soutien de l'Ukraine. Avec un dernier prêt de 90 milliards d'euros voté en février 2026, elle confirme son engagement massif, alors que les États-Unis se retirent. Ce soutien se heurte aussi à des défis considérables : urgence humanitaire, réforme de l'État de droit, infrastructures énergétiques détruites, près de 9.4 millions de déplacés... Dans un pays qui réforme tout en combattant, l'espoir d'adhésion à l'UE reste le cap qui permet aux Ukrainiens de tenir. Reportage de Mélina Huet.

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  • Hubert Védrine : «Il ne faut pas négliger la relation entre Merz et Meloni»
    Feb 13 2026
    Cette semaine, nous recevons Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, qui publie son dernier ouvrage « Après l’Occident ? » (Perrin et Robert Laffont). Soutien à l’Ukraine, autonomie militaire de l’UE et relation avec les États-Unis, il commente les dossiers brûlants auxquels sont confrontés les Européens. Les eurodéputés ont approuvé le prêt européen de 90 milliards d'euros pour aider l'Ukraine face à la Russie, notamment pour acheter des armes. Selon Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), « il faut aider l'Ukraine à tenir bon et à préparer la suite car à un moment donné, il y aura un compromis douloureux ». Hubert Védrine explique partager l’avis « de vieux réalistes américains, bien avant Trump : les États-Unis ont très mal géré la Russie d'après l'URSS [...] Il fallait agir autrement que de traiter la Russie en quantité négligeable. Et de toute façon, la Russie doit redevenir un interlocuteur. [...] L'opinion française et l'opinion européenne sont complètement binaires : tout est la faute de Poutine qui est un monstre. » « Orban avait dit qu’un jour ou l’autre nous devrions reparler à Poutine » Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, farouche opposant à l’aide à l’Ukraine, s’oppose à ce prêt de l’UE destiné aux Ukrainiens. Son pays ne participera d’ailleurs pas à ce prêt commun, tout comme la Slovaquie et la République Tchèque. Selon Hubert Védrine, Viktor Orban est pourtant moins isolé qu’avant sur certains sujets : « Il avait dit qu’un jour ou l’autre, nous devrions reparler à Poutine. Cela scandalisait la plupart des commentateurs en Europe de l'Ouest. Même si nous sommes horrifiés par ce qu'il a fait, cette position commence à être adoptée par d'autres pays, y compris par Macron ou Merz. Les Européens se rendent compte que nous ne pouvons pas laisser Trump gérer tout seul les relations avec la Russie. » Pour la suite, les élections d’avril décideront du sort d’Orban : « Et peut-être les perdra-t-il, ce qui changerait la donne dans un sens plus positif ! » L’autonomie militaire européenne « a toujours été irréaliste » En ce qui concerne les menaces de l’administration américaine de se désengager de l’OTAN, Hubert Védrine estime « que Trump ne va pas au bout de sa démarche ». « Le système militaro-industriel technologique américain veut garder ce lien car 70% des dépenses de défense des Européens ne vont pas à l'Europe mais aux États-Unis. Ils veulent garder cela. Normalement ils n'ont pas intérêt à couper le lien. » L’autonomie militaire européenne et le fait que l’Europe devienne un pilier de l’OTAN « a toujours été irréaliste », estime l’ancien ministre français. Selon lui, l'autonomie est un « objectif » encore difficilement atteignable : « Quand Macron et Starmer réunissent la coalition des volontaires éventuels pour donner des garanties à l'Ukraine dans l'hypothèse du cessez-le-feu, tous les participants disent qu’il faut une garantie américaine. » « Il n'y a plus de couple franco-allemand depuis la réunification » Le couple franco-allemand est scruté car les deux pays sont considérés comme moteurs de l’UE. Entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz, les divergences sont multiples avec une Allemagne plus libérale, contre l’idée d’un grand emprunt européen. Les Allemands ont également soutenu la signature du traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur contrairement à la France : « Il n'y a plus de couple franco-allemand depuis la réunification », estime Hubert Védrine. « Nous sommes des pays fondamentalement différents. Si nous ne sommes pas d'accord, rien ne marche. Nous avons des désaccords sur plein de sujets, à commencer par l'énergie et notamment sur la question nucléaire, mais pas que. Il n'empêche que si nous voulons que la machinerie européenne fonctionne mieux, il faut que la France et l'Allemagne soient d'accord. Nous sommes différents, nous avons des désaccords mais qu'est-ce que nous pouvons faire quand même ? Il faut abandonner l'approche un peu sentimentale de la question. Il faut être beaucoup plus concret. » La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le chancelier allemand Friedrich Merz sont-ils en pleine « bromance » ? Bien que la dirigeante italienne appartienne à la droite radicale, elle est alignée au chancelier allemand sur certains dossiers. « Il ne faut pas négliger cette relation, c'est très important. Il ne faut pas le traiter de façon polémique. Il y a énormément de sujets où il y a convergence, comme l’immigration. Est-ce que cela veut dire qu’il y a des divergences sur tous les autres ? Non. » Selon lui, la France doit se questionner sur les désaccords entre sa politique et celle de l’Allemagne : « Qu’est-ce que...
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  • Pascal Lamy: «Le Groenland était important pour nous, et Trump a été forcé de reculer»
    Feb 6 2026

    Cette semaine, nous recevons Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce et actuel vice-président du Forum de Paris sur la Paix. Il revient sur les rapports de l'UE avec les États-Unis de Donald Trump, de la place de l’Europe dans le monde, notamment dans le secteur économique où les industries manquent de compétitivité, et de la défiance croissante des Européens vis-à-vis des institutions.

    Nous vous proposons aussi un reportage inédit sur « l’Arctique, terre de toutes les convoitises », signé Isabelle Romero et Luke Brown, présents à la Conférence Arctic Frontiers à Tromsø.

    L’Europe et les États-Unis font face à une crise de confiance majeure. Même si la tension est retombée, la volonté de Donald Trump d’annexer le Groenland a ébranlé la relation transatlantique. Pour Pascal Lamy, ancien commissaire européen et ancien directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce, les Européens ont une leçon importante à en tirer de cette crise : « Il y a une grande différence entre la rhétorique, cette espèce d’hyperactivité, et la réalité. Le Groenland, c’était important pour nous, et il a été forcé de reculer. » L’UE peut rivaliser dans un rapport de force avec les Américains, estime-t-il.

    Mais les Vingt-Sept doivent s’interroger sur la fiabilité de leur partenaire américain. Notamment en ce qui concerne le dossier ukrainien, le « vrai sujet » pour l’Europe selon Pascal Lamy. Le vice-président du Forum de Paris sur la paix déplore la position changeante de Donald Trump, mettant davantage la pression aux Européens qu’à Vladimir Poutine. Il reconnaît cependant notre dépendance : « Pour obtenir des renseignements sur le positionnement des troupes russes en Ukraine, on aimerait bien se passer des Américains. Il y a des moments où les rapports de force sont les rapports de force, même si cela nous fait mal à l’estomac. Il faut être lucide : il faut que l’Europe soit plus forte à l’avenir. »

    Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, 72% des citoyens de l’UE se disent « très préoccupés », selon une récente enquête Eurobaromètre du Parlement européen, et appellent à une Europe plus unie. C’est aussi ce que note Pascal Lamy. « Les Européens sont très en soutien de l'intégration européenne et les menaces extérieures ont accentué ce soutien dans l'ensemble de l'Europe. » Mais l’Europe doit aussi faire face à la défiance d’une partie de la population face aux institutions européennes. Selon la même enquête, 49% des sondés ont une image positive de l’UE, le chiffre descend même à 38% pour les Français. « Il n’est pas étonnant que la France se distingue par un pessimisme considérable par rapport aux autres car elle se perçoit comme allant plus mal que les autres », reconnaît Pascal Lamy.

    À l’approche d’un Conseil sur la compétitivité, l’ancien directeur général de l’OMC appelle à plus d’investissements dans les années à venir pour augmenter la croissance et la compétitivité de l’Europe. « Notre potentiel de croissance aujourd’hui, c’est la moitié de celui des Américains, le tiers de celui des Chinois et le quart de celui des Indiens. Pour nous développer, il faut renforcer le marché intérieur. Nous avons un gisement sous nos pieds, le marché intérieur, mais on ne l’exploite pas. »

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  • Valdis Dombrovskis: «L’accord commercial UE-USA, bien qu’asymétrique, assure plus de prévisibilité»
    Jan 30 2026
    Cette semaine, nous vous proposons une émission spéciale sur l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro avec un reportage long format et un entretien de Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l'Économie. Il fait état de la situation économique de l’Union dans un climat instable dû à l’imprévisibilité de l’administration américaine. À la suite des menaces de Donald Trump d’annexer le Groenland, le commissaire se félicite de l’apaisement des relations : « Il est positif que nous ayons réussi à replacer le dossier Groenland sur une base plus constructive. Le président Trump a donc supprimé en quelque sorte ses revendications à l'égard du Groenland (...) L'accent est désormais mis sur le renforcement de la sécurité dans la région arctique. Et les autorités danoises et groenlandaises, soutenues par l'Union européenne (UE), ont indiqué qu'elles étaient disposées à en discuter. » D’un point de vue économique, Donald Trump avait également menacé d’instaurer de nouveaux droits de douane sur les produits européens. Le Parlement européen a alors suspendu le processus de ratification de l’accord commercial encadrant ces droits de douane entre l’UE et les États-Unis, jugé désavantageux pour l’Union. Le président américain a finalement retiré ces menaces de surtaxes douanières. Selon Valdis Dombrovskis, également ancien Premier ministre de Lettonie, du parti de droite Unité affilié au groupe Parti populaire européen, « le choix aujourd'hui est d'accepter cet accord ou de poursuivre l'escalade commerciale » : « Nous avons évalué ces deux possibilités. Nous avons également observé l'expérience de la Chine, qui a opté pour cette escalade dans la guerre commerciale. Très vite, les droits de douane ont dépassé les 200% côté américain et côté chinois, ce qui était prohibitif. La Chine a fini par renoncer à l'escalade et a conclu un accord qui était comme le nôtre, asymétrique. » Il réitère son soutien à cet accord : « Les relations d'échange et d'investissement entre l'UE et les États-Unis sont les plus importantes au monde. Nous avons accepté un accord, même asymétrique, qui permet d'assurer plus de clarté et de prévisibilité. » La croissance des États-Unis devrait atteindre 3% en 2026, contre 1,2% pour les Vingt-Sept. « C'est vrai, l'UE est dépassée par plusieurs autres grandes économies. Certains chocs économiques expliquent cette situation à court terme, comme les conséquences de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, ou la nécessité de réduire notre dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes », reconnaît le commissaire européen. « C'est pourquoi l'une des premières initiatives de la Commission européenne a été la Boussole pour la compétitivité, qui présente tous les principaux facteurs affectant la compétitivité de l'UE afin de relancer la croissance économique dans l'Union. » Le 1er janvier, la Bulgarie est devenue le 21è membre de la zone euro après avoir rempli les critères de Maastricht. Dans cet État balkanique au bord de la mer Noire, entre la Roumanie, la Grèce et la Turquie, les 6,4 millions d'habitants ont abandonné le lev, la monnaie bulgare. Si cette intégration est bien perçue par les milieux économiques, elle divise une population dont 22% vit sous le seuil de pauvreté, entre espoirs et craintes d’inflation. Nos reporters retrouvent sur le terrain divers acteurs du changement : rencontre avec Mariya Gabriel, ancienne vice-Première ministre et ex-commissaire européenne bulgare, un chef d’entreprise, le vice-ministre de l’économie, la cheffe de la représentation de la Commission en Bulgarie, un député souverainiste, une avocate anti-corruption et surtout, les habitants de Sofia et du reste du pays. Selon Valdis Dombrovskis, cela va permettre « de renforcer l'eurozone et le rôle international de l'euro, car cela projette également la confiance. (...) Cela positionne l'euro comme monnaie ouverte avec un pouvoir d'attraction sur de nouveaux membres », conclut-il.
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  • Andrej Plenkovic: «Donald Trump a fait deux pas en arrière : sur le Groenland et les taxes !»
    Jan 23 2026
    Cette semaine, nous interrogeons Andrej Plenkovic, Premier ministre de la Croatie, au lendemain d’un sommet européen extraordinaire. Il explique combien les Vingt-Sept sont sceptiques sur l’avenir de la relation transatlantique, malgré le renoncement de Donald Trump concernant le Groenland et la hausse des droits de douane. Le jeudi 22 janvier 2026, les Vingt-Sept se sont réunis pour un sommet extraordinaire convoqué par Antonio Costa à la suite des menaces répétées de Donald Trump d’annexer le Groenland et d’augmenter les droits de douane des pays qui ont engagé des soldats sur place. Andrej Plenkovic, Premier ministre croate depuis 10 ans, qualifie cette réunion de « constructive » : « Il y a eu des débats francs en ce qui concerne les relations entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis. Nous avons discuté de trois points importants : tout d’abord, le fait d’assurer une solidarité complète des Vingt-Sept vis-à-vis de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Danemark et du Groenland. Puis, de revenir à une normalité dans les relations transatlantiques, fondement de l’ordre international. Enfin, nous avons discuté de la nécessité de mettre en place des instruments anti-coercition dans le domaine des droits de douane et de comment les appliquer si besoin. » Ce sommet a cependant eu lieu après un adoucissement des positions de l'administration américaine. Ce revirement est intervenu après une discussion entre le président américain et le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte. « Donald Trump a fait deux pas en arrière », estime le Premier ministre croate. « J'étais au courant que Mark Rutte était en train de chercher une solution plutôt généralisée des pays de l'Arctique, de l'Union européenne et de l'OTAN », explique Andrej Plenkovic qui avait rencontré le secrétaire général de l’Otan la semaine passée. Selon le Premier ministre, la réaction négative des marchés financiers face à ces tensions a poussé Donald Trump à reculer. « Puis, nous voyons que l'opinion publique américaine ne soutient pas vraiment la position de leur gouvernement vis-à-vis du Groenland. Finalement, cette méthode a déjà été utilisée par le président Trump : essayer de faire monter les enchères et ensuite revenir en arrière et calmer le jeu afin de chercher une solution qui pourrait être satisfaisante pour les intérêts de sécurité des États-Unis. » « Les Européens, coordonnés, doivent calmer le jeu » Andrej Plenkovic se veut rassurant : « Il y a eu un peu de tension mais demain ou après-demain, nous aurons d'autres sujets à gérer. L'UE adopte une position assez coordonnée. Nous tenons une ligne selon laquelle la question de l'intégrité territoriale des États membres ne peut pas être remise en question. » Il appelle à « calmer le jeu » : « La ligne de la Croatie est d’essayer de rétablir le dialogue, de nourrir nos rapports car nous devons rester partenaires dans un monde sans cesse en changement. Il faut plutôt cultiver les relations transatlantiques que de mener des actions qui peuvent détériorer la situation. » Il regrette cependant ces désaccords et l’inconsistance de la relation transatlantique : « La montée des tensions politiques entre alliés n'a pas beaucoup de sens. Nous avons énormément d'autres sujets à traiter qui sont des vrais problèmes globaux. Des amis et partenaires comme les États-Unis et les pays de l'UE ne devraient pas avoir ce genre de débat qui est un peu hallucinant. Au mois de décembre, nous parlions de sanctions contre la Russie et quelques semaines après, nous évoquons l’usage d’instruments anti-coercition contre les Américains. C’est un instrument qui n'a pas été conçu contre les États-Unis, mais contre la Chine. » « Nous étudions les implications de Conseil de la paix » Donald Trump a inauguré à Davos son nouveau « Conseil de paix », en présence d'une vingtaine de dirigeants de pays ayant rallié cette instance placée sous sa coupe. La Croatie a reçu une invitation à y participer : « Je suis très reconnaissant pour cette invitation mais comme elle est arrivée environ un jour et demi avant la date de la signature, il était impossible pour nous de signer ce type de document si rapidement en raison de contraintes constitutionnelles juridiques. » Si certains pays, comme la France ou l'Espagne, ont d’ores et déjà décliné l’invitation, Andrej Plenkovic annonce « étudier ce texte ». Le président du Conseil européen Antonio Costa a évoqué de « sérieux doutes » concernant ce « Conseil de paix », en particulier sur sa compatibilité avec les Nations unies. Le Premier ministre croate le rejoint sur ce point : « Quelle est la position de ce Conseil vis-à-vis des structures existantes des Nations unies ? Sommes-nous toujours dans le cadre de ce qui était prévu en accord avec les ...
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  • Hadja Lahbib : «Israël doit respecter ses obligations et laisser l'aide humanitaire entrer à Gaza»
    Jan 16 2026
    Cette semaine, nous recevons Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité. Guerres en Ukraine et à Gaza, manifestations en Iran ou tensions entre les Vingt-Sept et les États-Unis, elle commente les multiples conflits et crises face auxquels l’UE doit réagir. L’Europe se trouve chamboulée par les manœuvres géopolitiques de Donald Trump qui remettent en cause l’ordre mondial d'après-guerre. Hadja Lahbib, commissaire européenne à la gestion des crises et à l’égalité, définit son rôle comme le fait « d'anticiper les crises, qu'elles soient provoquées par des catastrophes naturelles, par des guerres ou par des attaques cyber ». « Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles » La Commission européenne souhaite que chaque État membre mette au point un kit de survie accessible aux citoyens, contenant de la nourriture, de l'eau et des copies de documents d'identité importants en cas de crise. « Ces kits de survie sont déjà répandus et acceptés dans des pays comme la Suède, la Finlande ou le Danemark. Dans d'autres pays, comme la France, la Belgique ou l’Espagne, c'est plus difficile. Cela a provoqué certaines questions. On m'a demandé si nous n’avions pas peur de semer la panique. Je dirais plutôt le contraire. Plus nous sommes préparés et plus nous dormirons tranquilles car nous pourrons faire face, par exemple, à une fermeture pendant quelques heures de toute alimentation énergétique », détaille la commissaire européenne. « L'objectif est de mettre à genoux la population » L’Ukraine est victime de coupures d'électricité quotidiennes à cause des frappes russes sur ses infrastructures énergétiques. « C'est une stratégie très claire poursuivie par les Russes. Cela enfreint les règles du droit de la guerre. Il y a des règles à respecter. On ne vise pas les infrastructures vitales même en temps de guerre. L'objectif est de mettre à genoux la population. » De nombreux habitants de Kiev se réfugient dans des trains afin d’avoir accès à des générateurs, notamment fournis par l’UE : « Depuis le début de la guerre, nous avons fourni à peu près 9 500 générateurs à l'Ukraine pour lui permettre de survivre. Depuis 2022, nous avons aidé l’Ukraine à hauteur d’environ 1,25 milliard d'euros. Et nous allons continuer », explique la commissaire, également en charge de l’aide humanitaire. « C'est une crise qui nous concerne tous » Au début du mois, les États-Unis ont attaqué le Venezuela et capturé son président, Nicolas Maduro, l’accusant notamment de narcoterrorisme. Depuis, l’administration américaine travaille avec la présidente par intérim et entend prendre le contrôle des ressources pétrolières du pays. L’UE, qui prône l’intégrité territoriale et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, semble peu audible sur ce dossier. Hadja Lahbib regrette l’attitude des États-Unis : « Pendant des décennies, ils ont incarné cette force pour la liberté, pour la défense de la démocratie. Évidemment, il y a beaucoup d'amertume aujourd'hui. [...] Ce n'est pas que Maduro avait une légitimité démocratique, certainement pas, mais ici, c’est le droit international et la Charte des Nations Unies qui sont remis en question. » Elle en appelle à l’autodétermination des Vénézuéliens : « Ce qui est important aujourd'hui, c'est que les Vénézuéliens aient le dernier mot. [...] Ce sont eux qui m'intéressent. [...] Ce qui m'inquiète, c'est le régime qui sera mis en place et comment finalement le droit à l'autodétermination des peuples sera garanti. » Les Vénézuéliens représentent la deuxième nationalité à déposer le plus grand nombre de demandes d’asile dans l’UE. « Il faut réduire la crise. Nous contribuons à l'aide humanitaire aux Vénézuéliens, aux pays limitrophes qui accueillent beaucoup de réfugiés, mais aussi en Europe. [...] C'est une crise qui nous concerne tous. » « Nous serons auprès des Iraniens dans l'aide humanitaire » En Iran, la répression des manifestations par le régime au pouvoir a déjà causé des milliers de morts et plus de 10 000 arrestations. Si certains États membres ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour demander le respect de la liberté d’expression, l’UE est jugée trop timide par certains dans la condamnation de cette répression. « Nous envisageons des sanctions. Nous en avons déjà pris beaucoup, entre autres contre les Corps des Gardiens de la Révolution islamique », se défend la commissaire européenne. Elle appelle à écouter les Iraniens : « Ce qui nous importe, c'est que le premier et le dernier mot reviennent au peuple iranien. [...] Il y a une fatigue du régime qui étouffe les libertés fondamentales. [...] Il y a un ras-le-bol général même si toutes les régions ne sont pas concernées donc il faut être extrêmement prudent....
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  • Gaël Veyssière: « L'Ukraine n'est pas en train de s'effondrer »
    Jan 9 2026
    Cette semaine, nous recevons Gaël Veyssière, ambassadeur de France en Ukraine. Il décrit les dures conditions de vie des Ukrainiens et appelle à l’union des États membres pour soutenir le pays financièrement et militairement. L’Ukraine vient de vivre son quatrième Noël sous la menace russe. Pour Gaël Veyssière, ambassadeur de France en Ukraine depuis 2023, ce début d’année est « difficile » pour les Ukrainiens : « Il y a des coupures d'électricité pendant les deux tiers de la journée. Il y a de plus en plus de frappes russes avec un nombre important de vecteurs, c'est-à-dire des drones et des missiles. » Pourtant, selon lui, les Ukrainiens sont « extraordinairement résilients ». « Ils tiennent le coup. Ils savent pourquoi ils se battent et continuent, explique l’ambassadeur. Les Ukrainiens sont déterminés à ne pas se laisser faire et à ne pas se laisser imposer un ordre russe ou des concessions territoriales. » « La Russie progresse militairement mais très lentement » À ce jour, la Russie occupe 20 % de la superficie totale de l’Ukraine. Selon les chiffres de la carte interactive en ligne DeepState, la Russie a conquis moins d’1 % du territoire en 2025 alors que Vladimir Poutine affirme être en train de gagner la guerre. « C'est faux », rétorque Gaël Veyssière. « Ces chiffres le montrent très clairement. La Russie progresse militairement, c'est vrai, mais très lentement. [...] L'Ukraine n'est pas en train de s'effondrer. Le narratif russe n'est pas fondé. Vraisemblablement, dans six mois, la situation ne sera pas tellement pire sur le plan militaire en Ukraine qu’elle ne l’est maintenant. Ce que cherchent les autorités russes, c'est à créer une situation dans laquelle on dirait que ce n'est plus la peine de soutenir l'Ukraine puisqu'elle est en train de perdre. » En 2025, l’avancée russe a été particulièrement notable dans l'oblast de Donetsk avec 78 % du territoire occupé. L'oblast de Louhansk, quant à lui, est presque entièrement occupé. « L’avenir de l’Ukraine est en jeu, explique Gaël Veyssière. La viabilité de l'Ukraine est en jeu ainsi que le fait qu’elle puisse être une puissance souveraine et que nous respections ses frontières. » « Il y a une intense activité diplomatique pour trouver un accord » Alors diplomatique en ce moment pour essayer de trouver un accord. Pas forcément avec les Russes pour l'instant, mais au moins entre les Ukrainiens, les Américains et les Européens, pour ensuite aller voir les Russes, poursuit l’ambassadeur de France en Ukraine. « Les choses ont beaucoup progressé. Il y a des textes, c'est discuté avec les Américains et les Européens de façon très approfondie. [...] Il y a des discussions intenses pour arriver à un point d'équilibre qui engagerait les Ukrainiens, les Américains, les Européens et qu'il faut ensuite que les Russes acceptent. » « Il faut former l'armée ukrainienne » Les 35 pays membres de la « Coalition des Volontaires », essentiellement européens, se sont accordés à Paris pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à une surveillance d'un potentiel cessez-le-feu sous « leadership » américain, une fois un accord de paix trouvé avec la Russie. Des garanties de sécurité indispensables pour Gaël Veyssière : « Des garanties de sécurité doivent permettre aux Ukrainiens de se projeter dans le futur, en se disant que les Russes les ont attaqués en 2014 et en 2022 mais qu’ils ne les rattraperont pas demain parce qu'il y aura suffisamment de garanties pour que cela ait lieu. » Outre une force multinationale de la « Coalition des volontaires » soutenue par les Américains, il appelle à « former l'armée ukrainienne » afin qu’elle soit « robuste et équipée » et puisse « jouer un rôle de dissuasion ». « Il y a eu division mais on a réussi à trouver une solution » Au sommet européen du 18 décembre dernier, les États membres ont peiné à trouver une solution afin d’accorder une aide financière à l’Ukraine. La Commission européenne et certains pays plaident pour avoir recours aux avoirs russes gelés en Europe, majoritairement immobilisés en Belgique. Cependant, les Belges s’y opposent, notamment par peur de représailles russes. Pour financer l’effort de guerre ukrainien, les Européens ont finalement décidé de réaliser un emprunt en commun de 90 milliards d'euros.« Cela aurait été mieux si nous avions pu nous mettre d'accord sur les avoirs gelés, mais en réalité, il y avait un besoin à très court terme et il fallait trouver des financements pour l'Ukraine. Cette solution financière a été trouvée », tempère Gaël Veyssière. Selon lui, la question des avoirs russes « n’est cependant pas oubliée » : « Au contraire, selon les conclusions du Conseil européen, nous allons continuer à essayer de mettre sur pied une formule pour pouvoir utiliser plus ...
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  • Elli Tsiforou : «Il y a un manque de transparence de la Commission concernant le Mercosur»
    Dec 19 2025
    Cette semaine, nous recevons Elli Tsiforou, secrétaire générale du Copa-Cogeca, organisation syndicale et professionnelle agricole au niveau européen. Elle réitère son opposition au traité du Mercosur et demande une simplification des normes imposées aux agriculteurs. En marge du sommet européen, des milliers d’agriculteurs ont manifesté ce jeudi (18 décembre) à Bruxelles pour protester, entre autres, contre la réforme des subventions de la Politique agricole commune (PAC) dans le budget 2028-2034 de l’UE. Ils accusent la Commission européenne de vouloir réduire le budget qui lui est accordé. «Il y a un danger pour la communalité de la PAC» Pour le Copa-Cogeca, organisation syndicale et professionnelle agricole ayant participé à ces manifestations, cela constitue l’une des principales causes de mécontentement : «L'enveloppe de la PAC dans cette nouvelle proposition va être réduite de moitié en comparaison du budget actuel. L'agriculture va représenter un peu moins de 15% de l'enveloppe totale du budget européen», explique Elli Tsiforou, secrétaire générale de l’organisation, également ancienne conseillère politique dans les domaines de l’agriculture au Parlement européen et hellénique. La Commission européenne prévoit également de fusionner les budgets dédiés aux fonds de cohésion et aux subventions agricoles sous un seul canal, ce à quoi s’oppose le Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen : «Nous n’avons pas seulement des coupes budgétaires importantes [...] mais aussi un changement radical de la structure qui porte vers une renationalisation de la politique. Nous considérons cela comme un danger pour la communalité de la PAC. Cela va mener à 27 politiques agricoles au sein de l'Union européenne (UE) et va briser le marché unique et le fonctionnement de la chaîne alimentaire. [...] La PAC est un pilier de la construction européenne et du marché unique.» «Cet accord est injuste pour les agriculteurs européens» Les agriculteurs manifestaient également contre l’accord du Mercosur, un traité de libre-échange entre l'UE et plusieurs pays d’Amérique Latine, éliminant la quasi-totalité des droits de douane industriels entre les deux blocs. Cet accord prévoit de faciliter l'entrée en Europe de produits agricoles sud-américains non contraints aux normes environnementales et sociales imposées aux agriculteurs européens. Les filières concernées sont inquiètes et le Copa-Cogeca considère cet accord comme injuste : «Le Copa-cogeca a une position très claire là-dessus, soutenue à l'unanimité par tous ses membres. [...] La question de la réciprocité des standards est en jeu car avec les pays du Mercosur, l'écart est énorme. C'est quelque chose qui ne peut pas être accepté par notre communauté», précise Elli Tsiforou. En réponse au mécontentement de certains pays européens au sujet de cet accord, le Parlement européen a voté pour l’ajout de mesures de sauvegarde qui prévoient un suivi des produits sensibles comme le boeuf, la volaille ou le sucre et une possible réintroduction de droits de douane en cas de déstabilisation du marché. Si elle reconnaît «les efforts» des députés européens pour offrir des garanties aux agriculteurs européens, Elli Tsiforou affirme que cela «n'apaise pas leur inquiétude» : «Cela ne change pas notre position concernant cet accord commercial. La question de la réciprocité reste toujours ouverte. Nous ne sommes pas protégés sur cet aspect-là. Cet accord est injuste pour les agriculteurs européens.» «Nous demandons aux législateurs de bloquer cet accord» Elli Tsiforou dénonce également le fait que les agriculteurs subissent déjà la pression d’autres accords commerciaux : «Il faut aussi tenir compte de l'aspect cumulatif du commerce international. Certains secteurs sont déjà sous la pression d'autres accords, comme celui avec l'Ukraine ou de futurs accords. Les secteurs visés doivent être protégés.» Sous la pression de la France et de l'Italie qui sont contre cet accord, la Commission européenne n’a pas eu d’autres choix que de reporter la signature de ce traité. En effet, l’adoption de l’accord nécessite une majorité qualifiée, soit le ralliement d’au moins quinze États sur 27. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, espère à présent pouvoir conclure l’accord en janvier. «Nous avons vu des manœuvres de la part de la Commission et aussi du Parlement afin de tout faire pour que l'accord passe. C’est un manque de transparence dans le fonctionnement démocratique des institutions. [...] Pour nous, rien ne change. Notre position est très claire : nous demandons aux législateurs de bloquer cet accord et de résister aux manœuvres de la Commission», réitère la secrétaire générale du Copa-Cogeca. «Nous ne devons pas mettre à risque la productivité» Le Conseil européen a ...
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