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Idées

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Von: RFI
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Über diesen Titel

La parole à ceux qui pensent le monde. Chaque dimanche, Idées prend le temps d’écouter celles et ceux qui décryptent le monde contemporain. Lors d’un entretien de près d’une heure, mené par Pierre-Édouard Deldique, ces «témoins du siècle», intellectuels francophones, auteurs d’essais pour la plupart, livrent leurs pensées. Une exigence : la clarté, afin de répondre à la curiosité des auditeurs de RFI. Ceux-ci sont d’ailleurs invités à réagir à leurs propos et à dialoguer avec eux. Réalisation : Vanessa Rovensky. *** Diffusions le dimanche à 19h10 TU vers toutes cibles.

France Médias Monde
Sozialwissenschaften
  • Jean-Frédéric Schaub : l’histoire exige rigueur et modestie
    Mar 1 2026

    Dans Idées cette semaine, Pierre-Édouard Deldique vous propose une réflexion sur la place de l’histoire dans notre monde contemporain, avec son invité l’historien Jean‑Frédéric Schaub, auteur d’un essai pertinent intitulé : « Le passé ne s’invente pas » (Albin Michel). Au fil des pages, ce spécialiste de l’histoire des mondes ibériques s’arrête sur la manière dont les sociétés produisent et manipulent le passé.

    Dans un contexte saturé de récits identitaires, de réécritures politiques et de « vérités alternatives », il interroge la fragilité de la vérité historique et la responsabilité des historiens face aux usages publics de l’histoire à l’heure de l’intelligence artificielle, des réseaux sociaux et des « vérités alternatives ».

    Il dénonce « le temps qui s’est laissé envahir par l’empire du faux et des faussaires ».

    Dans son livre, et dans l’émission, Jean-Frédéric Schaub souligne à ceux qui l’auraient oublié, que l’histoire n’est pas un récit parmi d’autres, mais une discipline fondée sur des méthodes de vérification, de critique et de confrontation des sources. C’est une science.

    L’historien n’est pas un romancier, mais un enquêteur même s’il se fait l’avocat de la littérature. Mais histoire et littérature ne se confondent pas même s’il existe une « littérature du réel » ou « littérature de non-fiction ». Il fustige également la tentation qu’ont certains historiens de se raconter eux-mêmes. Il n’a aucune attirance pour « l’ego histoire ».

    Notre invité insiste sur la dimension épistémologique du travail historique : la vérité historique n’est jamais absolue, mais elle est le résultat d’un protocole rigoureux. Selon lui, c’est cette rigueur qui distingue l’histoire de la propagande, de la mémoire ou du « roman national ».

    Jean-Frédéric Schaub ne nie pas l’importance de la « mémoire collective » entretenue par un État (le Panthéon en France) mais il rappelle que la mémoire n’est pas l’histoire. La première est sélective, affective, orientée ; la seconde est critique, argumentative, ouverte à la révision.

    Jean‑Frédéric Schaub signe ici un livre combatif. « Le passé ne s’invente pas » rappelle que l’histoire n’est pas un réservoir de mythes mobilisables à volonté, mais une discipline exigeante qui repose sur la critique, la preuve, la confrontation des interprétations, et la maîtrise des langues pour aller au plus profond des archives et de la compréhension des peuples colonisés notamment.

    Dans un moment où les récits identitaires prolifèrent, où la désinformation brouille les repères, où la mémoire supplante parfois la connaissance, l’invité d’IDÉES ce dimanche propose une boussole intellectuelle : défendre la vérité historique comme bien commun. Sur la bandeau rouge qui entoure la couverture de cet ouvrage, on lit : « Contre les réécritures de l’histoire ».

    Au fond, défendre l’histoire, c’est défendre la démocratie.

    Programmation musicale :

    - ‎Jamiroquai - Virtual Insanity

    - ‎Mehldau Brad / Blade Brian / McBride Christian / Redman Joshua - Past In The Present

    - ‎Duke Ellington / John Coltrane - In a Sentimental Mood.

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    52 Min.
  • Avec Alain Duhamel, soixante ans de vie politique française nous contemplent
    Feb 22 2026

    Dans IDÉES, cette semaine, Pierre-Édouard Deldique reçoit le vétéran du journalisme politique, Alain Duhamel, pour un conversation vivante émaillée d’anecdotes.

    Avec son dernier livre en date « Les Politiques. Portraits et croquis », Alain Duhamel, un observateur exigeant, toujours aussi présent à la télévision, comme il le fut dans les décennies précédentes, se nourrit de plus de cinquante ans d’analyse du pouvoir afin de brosser le portrait de figures d’hier et d’aujourd’hui qui façonnent la vie politique française.

    Il faut le voir en parler, l’œil vif et pétillant avec une gourmandise que le temps n’a pas altérée.

    L’ouvrage rassemble environ soixante personnalités, de Marine Le Pen à Gabriel Attal, de Gérald Darmanin à Jordan Bardella, mais aussi des acteurs plus institutionnels comme François Bayrou ou Sébastien Lecornu.

    Le journaliste, homme de culture, qui a la mémoire longue, convoque également de grandes figures de la Vè République — Raymond Barre, Michel Debré, Simone Veil, Robert Badinter, Alain Peyrefitte — afin de mettre en perspective les ressorts du pouvoir actuel. Cette articulation entre hier et aujourd’hui constitue l’un des intérêts de l’ouvrage.

    Les portraits incisifs, parfois vachards, ne sont jamais dénués d’humanisme, un mot-clé pour comprendre le regard d’Alain Duhamel sur les acteurs de la « comédie du pouvoir » chère à Françoise Giroud. Cet esprit vif croque ses sujets avec une causticité élégante, cherchant moins à régler des comptes qu’à dévoiler les mécanismes, les contradictions et les tempéraments qui façonnent les politiques qui, doit-on le souligner, sont avant tout des êtres humains. Alain Duhamel s’attache donc à révéler ce qui se cache derrière les postures médiatiques, les discours convenus ou les stratégies de communication.

    La publication du livre s’inscrit, on le sait, dans un moment de forte défiance envers les institutions, Alain Duhamel l’évoque dans l’émission, à l’occasion de la dernière étude du CEVIPOF, le Centre d’étude de la vie politique de Sciences Po, qui met en relief ce que l’on pourrait appeler une aversion des Français pour la politique et le personnel politique. « Dans les temps aussi troublés qu’actuellement, les politiques ressemblent plus à des boucs émissaires qu’à des uniques coupables », écrit-il dans l’introduction du livre.

    Alain Duhamel apparaît comme un observateur dont la longévité lui permet de comparer les générations politiques, d’identifier les permanences ou les ruptures, de replacer les trajectoires individuelles dans une histoire longue ; « avec toute la liberté d’une longue expérience qui s’achève ».

    « Les politiques. Portraits et croquis », publié aux Éditions de l’Observatoire.

    Programmation musicale

    - ‎Zela Margossian Quintet - Forecast

    - ‎Red Garland - Long Ago and Far Away

    - ‎Ryo Fukui - I Want to Talk About You.

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    42 Min.
  • «Le mystère Malraux» vu par La Revue Des Deux Mondes
    Feb 15 2026

    À l’occasion du cinquantième anniversaire de la disparition d’André Malraux (1901‑1976), La Revue des Deux Mondes consacre son numéro de février à celui qui fut à la fois aventurier, écrivain, ministre, théoricien de l’art, combattant, voyageur — un homme de gestes et de visions. Son titre : « Mystérieux Malraux ». À cette occasion, Pierre-Édouard Deldique invite Aurélie Julia, sa directrice. Ensemble, ils tentent de percer ce mystère Malraux.

    L’ambition du dossier est claire : voir Malraux au-delà des clichés, en éclairant ses contradictions, ses excès, ses fidélités et ses métamorphoses

    Le numéro met en avant l’homme d’action et de métamorphose. Malraux apparaît comme un être mû par une volonté farouche de se soustraire à sa condition initiale. Le dossier insiste sur son refus du réel, son goût pour la grandeur, et sa conviction que l’action et l’art permettent de se transformer.

    Le dossier évoque aussi la relation de Malraux avec De Gaulle. Elle est décrite comme une communion intellectuelle et spirituelle, parfois qualifiée de « coït intellectuel » par Jean Casso. Cette complicité nourrit une vision partagée de la France, de la culture et du destin historique. Jean-Michel Djian y consacre un article complet.

    Ce numéro souligne que Malraux n’est pas seulement le ministre flamboyant du gaullisme culturel, l’auteur de « La Condition humaine », ni seulement l’aventurier romanesque des années 1920. Il est présenté comme un homme d’unité intérieure, dont l’œuvre et la vie sont traversées par une question existentielle : comment donner forme à la liberté dans un monde tragique.

    De tout cela, Aurélie Julia parle au micro d’IDÉES avec l’appui des archives sonores où la voix du Malraux intime, mais aussi celle de l’orateur, ne peut que frapper.

    Musiques diffusées pendant l'émission :

    • Madeleine Malraux - Piano Sonata No. 1: Interludium: Adagio ma non troppo
    • Rolando Alarcon - El quinto regimiento
    • Michael Galasso - Itmfl ii.
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    42 Min.
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