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Choses à Savoir
  • L’UE accélère pour sa propre production de puces ?
    Feb 19 2026

    L’Europe veut reprendre la main sur l’un des nerfs de la guerre technologique moderne : les semi-conducteurs. Ces composants minuscules, gravés sur des puces électroniques, sont le cerveau de tous nos appareils, des smartphones aux satellites, en passant par les voitures et les centres de données. Et le 9 février 2026, l’Union européenne a franchi une étape importante avec l’inauguration de NanoIC, une nouvelle infrastructure de prototypage installée à Louvain, en Belgique, au sein du centre de recherche imec.


    Ce projet s’inscrit dans le cadre du European Chips Act, un vaste plan destiné à renforcer la souveraineté technologique du continent. NanoIC a bénéficié d’un financement de 700 millions d’euros. Son objectif est clair : permettre aux entreprises, aux laboratoires et aux startups de concevoir et tester leurs propres puces avant de les produire à grande échelle. Autrement dit, NanoIC agit comme un laboratoire industriel où l’on peut transformer une idée en prototype fonctionnel.


    Contrairement aux fonderies classiques — ces usines spécialisées dans la fabrication de puces et souvent fermées aux acteurs extérieurs — NanoIC fonctionne comme une plateforme ouverte. Les ingénieurs pourront y travailler sur des technologies de pointe, notamment des systèmes appelés « system-on-chip », ou SoC. Ce terme désigne des puces capables d’intégrer plusieurs fonctions dans un seul composant : processeur, mémoire, circuits de communication. Le tout à des échelles inférieures à 2 nanomètres. Pour donner un ordre de grandeur, un nanomètre représente un milliardième de mètre. À cette échelle, les composants sont plus petits que certains virus.

    NanoIC met aussi à disposition des outils avancés de conception et de prototypage, afin de combler le fossé entre la recherche scientifique et la production industrielle.


    C’est un point crucial, car de nombreuses innovations restent bloquées au stade expérimental faute d’infrastructures adaptées. Ce projet s’inscrit dans un programme plus large, doté de 2,5 milliards d’euros, soutenu à la fois par l’Union européenne, les États membres et des partenaires industriels, dont le groupe néerlandais ASML, leader mondial des machines de lithographie utilisées pour graver les puces. Avec NanoIC, l’Europe tente de réduire sa dépendance envers l’Asie et les États-Unis, qui dominent aujourd’hui la production mondiale de semi-conducteurs.

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    2 Min.
  • Un emprunt de Google… sur 100 ans pour financer l'IA ?
    Feb 18 2026

    L’intelligence artificielle fascine, mais elle coûte aussi extrêmement cher. Derrière les promesses technologiques et les démonstrations spectaculaires, une réalité financière s’impose : développer ces systèmes nécessite des investissements colossaux. Et désormais, même les géants du numérique doivent trouver de nouvelles façons de financer cette course.


    Dernier exemple en date : Alphabet, la maison mère de Google, s’apprête selon Bloomberg à lancer une émission obligataire d’un type très particulier. Une obligation, rappelons le, est un titre de dette. Concrètement, une entreprise emprunte de l’argent auprès d’investisseurs et s’engage à le rembourser à une date fixée, avec des intérêts. Mais ici, Alphabet prévoit plusieurs tranches, dont une obligation d’une durée exceptionnelle : 100 ans.


    Un siècle. Cela signifie que l’entreprise ne remboursera le capital qu’en… 2126. Ce type d’instrument financier est extrêmement rare dans le secteur technologique. Le dernier précédent remonte à 1997, lorsque Motorola, alors leader du marché des téléphones portables, avait lancé une obligation similaire, juste avant l’éclatement de la bulle internet. Pourquoi une durée aussi longue ? L’objectif est clair : attirer un large éventail d’investisseurs, notamment les fonds de pension et les compagnies d’assurance, qui cherchent des placements stables sur le très long terme. Comme l’explique Gordon Kerr, stratège macroéconomique chez KBRA, « celui qui achètera cette obligation ne sera probablement pas celui qui sera encore là au moment de son remboursement ». Autrement dit, ces titres circuleront entre investisseurs pendant des décennies.


    Cette décision intervient dans un contexte particulier. La course à l’intelligence artificielle mobilise des ressources financières sans précédent. Les entreprises doivent investir massivement dans les centres de données, les puces spécialisées et les infrastructures énergétiques nécessaires pour entraîner et faire fonctionner les modèles. Cette pression financière ne concerne pas seulement les start-ups, mais aussi les acteurs les plus puissants du secteur. Certains observateurs y voient d’ailleurs un signal inquiétant. L’investisseur Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, a rappelé sur le réseau X le précédent Motorola. Après son émission d’obligations à 100 ans, l’entreprise avait progressivement perdu sa position dominante. Pour Google, cette opération est avant tout un moyen de sécuriser des financements à très long terme, dans une industrie où les besoins en capital explosent.

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    3 Min.
  • Les Ray-Ban Meta peuvent identifier les gens dans la rue ?
    Feb 17 2026

    Les lunettes connectées pourraient bientôt franchir un nouveau cap. En interne, Meta développe une fonctionnalité baptisée « Name Tag », qui permettrait aux porteurs de ses lunettes Ray-Ban Meta d’identifier automatiquement les personnes qu’ils croisent et d’obtenir des informations sur elles via l’intelligence artificielle intégrée. L’information provient d’un document confidentiel de Reality Labs, la division du groupe dédiée aux technologies immersives, révélé par le New York Times.


    Concrètement, cette fonction s’appuie sur la reconnaissance faciale, une technologie capable d’analyser les traits d’un visage capté par une caméra, puis de les comparer à une base de données pour identifier une personne. Une fois reconnue, l’identité ou certaines informations pourraient être transmises à l’utilisateur par l’assistant vocal embarqué dans les lunettes. Le lancement commencerait par une démonstration lors d’une conférence destinée aux personnes aveugles ou malvoyantes, un public pour lequel ce type d’outil pourrait faciliter les interactions sociales, avant une ouverture au grand public.


    Mais ce projet soulève déjà des interrogations, notamment sur le respect de la vie privée. Le document interne montre que Meta est pleinement conscient des controverses potentielles. L’entreprise estime même que le contexte politique actuel pourrait limiter les critiques. Le mémo évoque un environnement où les organisations de défense des libertés civiles et les législateurs américains sont mobilisés sur d’autres dossiers, notamment la surveillance gouvernementale menée par certaines agences fédérales. Par ailleurs, un décret signé récemment par Donald Trump a assoupli certaines règles encadrant le développement de l’intelligence artificielle, créant un climat réglementaire plus favorable aux expérimentations technologiques.


    Ce n’est pas la première tentative de Meta dans ce domaine. Dès 2021, l’entreprise avait envisagé d’intégrer la reconnaissance faciale à ses premières lunettes connectées, avant de renoncer face aux obstacles techniques et éthiques. En 2024, Meta avait également testé une fonction appelée « super sensing », qui maintenait les capteurs actifs pour permettre à l’utilisateur de se souvenir des personnes ou des objets rencontrés durant la journée. Aujourd’hui, le projet semble relancé. Aucune date officielle n’a encore été annoncée, mais les documents internes évoquent une présentation prochaine, suivie d’une commercialisation possible dans le courant de l’année.

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