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Au rayon séries

Au rayon séries

Von: Emmanuel Taïeb
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Über diesen Titel

Emmanuel Taïeb reçoit des créateurs de séries, des scénaristes, des producteurs, des gens qui organisent des festivals de séries (il y en a au moins en France) et des auteurs d'ouvrages sur les séries. Il y a également, de temps en temps, des chroniques sur les séries à voir. Une émission sympa et dynamique !

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Fréquence Protestante
Sozialwissenschaften
  • "Des Vivants", lieu de mémoire et résilience, avec Marie Chagnoux et Benjamin Campion
    Feb 7 2026

    La série Des Vivants diffusée tout récemment sur France Télévision, signée Jean-Xavier de Lestrade et Antoine Lacomblez, revient sur la reconstruction de plusieurs survivants du Bataclan. Pas n’importe lesquels, mais celles et ceux qui avaient été pris en otage par deux des terroristes, pendant plus de deux heures dans un couloir étroit ; avant d’être libérés par la B.R.I. Pendant l’assaut, un terroriste est tué et un autre fait sauter sa ceinture d’explosifs. Aucun mort du côté des otages et des policiers, mais des blessures physiques et psychiques tenaces. En 8 épisodes, la série suit au plus près ces otages devenus potes, les « potages » comme ils se surnomment, qui vont chacun et chacune réagir à leur manière au traumatisme de la violence et essayer de revenir dans le monde des vivants.

    La série est bien sûr notable dans son intention d’explorer les attentats du 13-Novembre. La première saison d’En Thérapie s’était aussi confrontée aux effets psychologiques de la violence terroriste, à travers notamment le personnage d’un policier de la B.R.I., qui voyait resurgir le spectre de la guerre civile algérienne et d’une chirurgienne prenant en charge les blessés ce même soir. Il n’est pas interdit de penser que la série B.R.I., sur Canal+, s’appuie aussi sur la popularité de ce service depuis les attentats. En tout cas, Des Vivants vient mettre fin à une certaine tendance française consistant à ne pas se confronter fictionnellement, ou pas tout de suite, à des épisodes douloureux, traumatiques ou sombres de la société française. Alors qu’aux États-Unis, ce saisissement est immédiat et fréquent.

    Sous cet aspect, Des Vivants est une série « service public », dans le meilleur sens du terme, celui qui intéresse toute la société ; et surtout c’est une série « lieu de mémoire », qui n’hésite pas à mettre en scène des flashbacks au Bataclan même, et à explorer toutes les difficultés des « potages » pour faire tenir en même temps mémoire individuelle et mémoire sociétale, trauma et guérison dans un univers où le Bataclan est central mais où leur propre histoire ne l’est pas. On voit pourquoi le sujet a intéressé Jean-Xavier de Lestrade, qui est à la fois documentariste du monde judiciaire et auteur de fictions, comme Laëtitia ou Sambre qui se confrontent à l’obscurité du viol et du crime dans des sociétés qui les dénient.

    Justine Breton, Maitresse de conférences en médiévalisme et littérature comparée à l’Université de Lorraine.

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    45 Min.
  • Sur les Simpson et Matt Groening, avec Justine Breton
    Dec 6 2025

    On insiste à raison sur l’importance du temps dans les séries, et les fictions incarnées nous permettent de vieillir à la même vitesse que les acteurs et actrices. C’est une petite consolation au passage du temps. Mais c’est différent dans le cas des séries animées, où les personnages ne vieillissent pas et s’actualisent en permanence. Dans ce cas, ce sont plutôt eux qui nous regardent vieillir et s’emparent des travers de nos sociétés. Les Simpson, de Matt Groening, relève de la sitcom en dessin animée. Tous les codes y sont, et bien plus encore, mais les héros traversent les époques sans prendre une ride. Sachant que la série en est à sa 36e saison, c’est une prouesse !

    Plus qu’une série, Les Simpson sont un phénomène de société, un objet de recherche, et ils se déclinent en mème et en produits dérivés. Les personnages à la peau jaune, et certaines de leurs expressions favorites, sont devenus mythiques. Au fil des décennies, la série a exploré mille thèmes, introduit plein de personnages, mais s’est faite plus amère avec le temps. Intégrant d’ailleurs dans sa narration des formes d’épuisement. En parallèle, Matt Groening a créé Futurama en 1999 et les 5 saisons de Désenchantée entre 2018-2023.

    Ce qui fait la marque de fabrique de toutes ces séries, c’est un ressort humoristique spécifique : des personnages ordinaires vivant des aventures extraordinaires sans qu’ils en soient altérés ou nourris. Le jeu sur la satire consiste à amener les personnages dans un univers carnavalesque où tout est inversé, mais pour mieux dire ensuite le quotidien et le routinier. Ces séries sont une satire de leur époque, mais elles portent surtout un imaginaire fait de subversion des normes, de personnages déjantés et d’enchantement du réel.

    Justine Breton, Maitresse de conférences en médiévalisme et littérature comparée à l’Université de Lorraine.

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    43 Min.
  • Sur Alien : Earth, avec Benjamin Campion, Benjamin Fau et Pierre Jacquet
    Nov 1 2025

    L’époque sérielle est aux franchises, reboots, spin-offs et autres préquelles, surtout sur Disney +. La saga Alien, avec toutes ses potentialités, ne pouvait pas faire exception. Après la sortie d’un long-métrage l’an dernier, Alien : Romulus, signé Fede Álvarez, vient de s’achever la diffusion des huit épisodes d’Alien : Earth, signés Noah Hawley ; connu notamment pour être le scénariste de la série anthologique Fargo. C’est une production américaine FX et Hulu.

    La double particularité d’Alien : Earth est que c’est un préquel, qui se déroule deux ans avant l’intrigue d’Alien, le 8e passager, le film matriciel de Ridley Scott ; et aussi que c’est la première fois que les aliens débarquent sur Terre. On retrouve donc l’univers habituel de la saga, avec ses immenses vaisseaux, ses cyborgs à sang laiteux, ses aliens destructeurs et la compagnie Weyland qui essaie de les capturer pour en faire des armes vivantes. Il y a évidemment quelques nouveautés : des bébêtes rampantes et volantes, des multinationales qui se partagent le monde et un groupe de jeunes « hybrides », des enfants condamnés par la maladie dont le cerveau a été transféré dans un corps synthétique. Ce sont eux que le récit suit, « enfants perdus » modernisés du conte de Peter Pan, que la série convoque, et qui devront à la fois apprivoiser leur nouveau corps et apprivoiser les aliens, comme le fait Wendy l’héroïne. Parce qu’elle a quelques super-pouvoirs cette Wendy, comme contrôler des ordinateurs et parler couramment la langue des aliens ; et elle essaie aussi d’apprivoiser son frère, qu’elle retrouve assez vite au début de la série.

    Interrogé par Pierre Langlais, Noah Hawley indique que les monstres de la série sont les représentants de l’environnement que les humains maltraitent, et que les enfants sont la nouvelle génération à qui il incombe de recréer l’équilibre entre nature, argent et cyborgs. La série a profondément divisé la critique, elle récolte 94% d’avis favorables sur Rotten Tomatoes et Sigourney Weaver l’a adorée.

    Alors, pour apprivoiser Alien : Earth, voir tout ce qu’elle propose et en faire la critique, Emmanuel Taïeb est en compagnie aujourd’hui de trois chroniqueurs chevronnés.

    Benjamin Campion, journaliste et enseignant en cinéma, membre de la rédaction de Saison. La revue des séries. Auteur de Histoire sexuelle des séries américaines.

    Benjamin Fau, journaliste au Point Pop, membre de la rédaction de Saison, et co-auteur du Dictionnaire des séries aux éditions Philippe Rey.
    Pierre Jacquet, critique ciné et série, grand maître de l’univers de Prince, animateur de l’émission La Dernière séquence, avec Eric Fiszelson, et membre de la rédaction de Saison.

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    44 Min.
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