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180- Quand tu "performes" dans tes relations: l'hyper-adaptabilité

180- Quand tu "performes" dans tes relations: l'hyper-adaptabilité

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Über diesen Titel

En ces temps de grosse grippe cette semaine, en ce qui me concerne, une fin de semaine s'ouvre sur la touche de l'épisode 180 et d'un nouveau format et nouveau nom.


Cet épisode donne naissance, en effet, au deuxieme volet du podcast Justine Time, sous un nouveau nom. Il s'intitule "On ne devient pas psy par hasard", au lieu du podcast "Justine Time". Nouveau souffle: 2026.


Il existe des relations dans lesquelles on ne se sent jamais franchement mal — mais jamais vraiment vivant non plus.

Des relations dans lesquelles on fait bien. Où l’on ajuste, anticipe, module, contient. Où l’on devient fiable, compréhensible, rassurant. Où l’on performe.

Le mot est un anglicisme, et il n’est pas neutre. Performer renvoie au champ du rendement, de l’évaluation, de la conformité à une attente implicite. L’utiliser pour parler de relations humaines dit déjà quelque chose de notre époque, mais aussi de certaines histoires subjectives : celles où le lien s’est construit très tôt sous condition.

Dans ces relations, on ne se demande pas tant qui je suis que comment je dois être. On lit l’autre en permanence. On ajuste son ton, son intensité, ses émotions. On devient expert de l’ambiance, du non-dit, du seuil à ne pas dépasser. Et souvent, on appelle cela de la maturité, de l’empathie, de la capacité relationnelle. Jusqu’au jour où le corps et le psychisme commencent à protester.

L’hyper-adaptabilité : une intelligence de survie

En tant que psychanalyste, je rencontre très fréquemment des patients pris dans ce type de fonctionnement. Des sujets épuisés, non pas d’avoir trop aimé, mais d’avoir trop bien tenu leur rôle. Derrière cette performance relationnelle, il y a presque toujours une histoire ancienne.

L’hyper-adaptabilité n’est pas un trait de caractère. C’est une réponse développementale. Elle se construit lorsque, dans l’enfance, l’environnement n’a pas été suffisamment stable, contenant ou accueillant pour permettre l’expression libre des affects. L’enfant comprend alors — souvent très tôt — que certaines émotions dérangent, que certaines parties de lui sont « en trop », et que le lien dépend de sa capacité à se conformer.

Donald Winnicott parlait du faux self : une organisation psychique qui permet de s’adapter à l’environnement au prix d’un éloignement progressif du self authentique. L’enfant devient sage, agréable, discret, performant. Il survit psychiquement en renonçant, partiellement, à être.

Cette hyper-adaptabilité est souvent renforcée dans des contextes où l’amour est conditionnel, imprévisible, ou chargé d’attentes implicites. Elle peut aussi se développer dans des familles où l’enfant est parentifié, sommé de comprendre trop tôt, de soutenir, de réparer.


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