En Afrique du Sud, la guerre du tabac est déclarée avec le géant British American Tobacco
Artikel konnten nicht hinzugefügt werden
Der Titel konnte nicht zum Warenkorb hinzugefügt werden.
Der Titel konnte nicht zum Merkzettel hinzugefügt werden.
„Von Wunschzettel entfernen“ fehlgeschlagen.
„Podcast folgen“ fehlgeschlagen
„Podcast nicht mehr folgen“ fehlgeschlagen
-
Gesprochen von:
-
Von:
Über diesen Titel
Le groupe British American Tobacco (BAT) menace de fermer sa seule usine de production sud-africaine. BAT se dit victime du marché illégal de cigarettes dans le pays ; l'entreprise estime qu'il représente environ 75% du marché. Seulement, derrière ce possible retrait du sol sud-africain, certains acteurs du secteur y voient surtout une manœuvre commerciale.
Selon British American Tobacco, le marché du tabac sud-africain est aujourd'hui dominé à 75% par le commerce illégal de cigarettes. « On nous a longtemps promis des changements, mais rien n'est fait. Et aujourd'hui, nous avons tout simplement atteint un point où nous ne sommes plus en mesure de desservir un marché qui n'existe pas », se défend Johnny Moloto, en charge de la région Afrique subsaharienne pour l'entreprise. Seulement, dans son communiqué, BAT annonce passer à un modèle d'importation.
La multinationale souhaite donc quitter l'industrie sud-africaine, mais pas son marché. Une situation incompréhensible pour Sinen Mnguni, président de FITA, une coopération d'acteurs du tabac créée en 2012 pour faire face aux grandes entreprises du secteur :
« Si vous n'êtes pas satisfait des règles, pourquoi produire à l'étranger pour ensuite importer en Afrique du Sud ? En fin de compte, ils licencient des employés en Afrique du Sud et souhaitent désormais avoir le moins de relations possible avec les autorités sud-africaines. Tout en faisant en sorte que la réglementation soit si stricte pour les acteurs locaux et qu'il leur sera impossible de faire des affaires. Ils veulent renforcer leur contrôle à tel point que les acteurs locaux ne puissent plus les concurrencer. »
Un coup de bluff de British American Tobacco ?La situation illustre le combat entre petits producteurs et multinationales. Quelques jours après l'annonce par BAT de la fermeture de son usine fin 2026, plusieurs médias sud-africains révèlent qu'en parallèle, l'entreprise a racheté plus de 100 000 de ses propres actions.
« Le cœur de cette histoire, c'est surtout l'intérêt des actionnaires, décrypte le professeur Lekan Ayo-Yusuf, directeur du Centre africain pour la surveillance de l'industrie du tabac, mais ils utilisent désormais la question du commerce illicite pour forcer le gouvernement à négocier et à les aider à retrouver une place dominante, puisqu'ils ne sont pas en mesure de battre leurs concurrents sur le marché… Vous savez, BAT est une entreprise très rusée. Par exemple : BAT est désormais le plus grand détenteur de parts de marché dans le domaine des cigarettes électroniques. Ils pourraient alors tenter d'utiliser ce problème de commerce illicite, qui concerne les cigarettes traditionnelles, pour faire pression sur le gouvernement et obtenir une exemption des restrictions publicitaires ou des taxes sur les cigarettes électroniques, tout ça pour compenser leurs pertes liées au tabac. »
Le professeur utilise l'expression « faire pression », parce que BAT parle maintenant de continuer sa production locale si la part du commerce illicite chute drastiquement en Afrique du Sud.
À lire aussiLe tabac: histoire d'un produit populaire devenu un problème de santé publique
