Pour les Européens, le chemin de l'autonomie numérique est encore long
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Quelques jours après la passe d’armes entre les États-Unis et plusieurs pays européens sur le Groenland, l’Union européenne continue d’avancer sur sa volonté d’autonomie vis-à-vis des États-Unis. Notamment dans le domaine numérique et de la sécurité.
L'Union européenne a ouvert lundi 26 janvier une enquête concernant le réseau social X et l’apparition ces dernières semaines de fausses images de femmes dénudées, donc certaines étaient mineurs. Celles-ci étaient générées par Grox, l’outil d’intelligence artificielle de la plateforme. En décembre, le réseau social avait été frappé d’une amende pour non-conformité aux règles européennes sur les services numériques.
Le patron et propriétaire de X, Elon Musk, s’en était pris à l’Union européenne en la comparant à l'Allemagne nazie et en appelant à son abolition. L’ancien commissaire européen français Thierry Breton, à l’origine de la réglementation, s’est vu interdit de territoire américain. Toujours
lundi, l’Union a désigné la très populaire messagerie instantanée WhatsApp, du groupe Meta comme étant suffisamment importante pour devoir se conformer à encore davantage de réglementation européenne.
Solutions souverainesPas de recul, donc, et même une volonté de se sevrer des outils numériques américains. Le week-end dernier, la France a annoncé que les administrations vont progressivement adopter une nouvelle solution pour les réunions en visioconférence devenues indispensables depuis la crise du coronavirus : en employant un outil maison, l'État cherche des solutions techniques et des infrastructures souveraines pour remplacer outils majoritairement américains que sont Teams, Zoom, Google Meet ou autres.
C’est un début, parce que de nombreux services informatiques sont basés sur des solutions américaines et notamment les suites bureautiques signées Microsoft, qui équipent une grande majorité des environnements professionnels - qu’ils soient publics ou privés.
Risques pour les libertés et la sécuritéLa dépendance existe aussi au-delà des environnements de travail, sur des questions qui relèvent de la sécurité nationale. Lundi soir, l’Académie des sciences morales et politiques recevait discrètement à Paris l’un des barons du complexe techno-industriel américain, Peter Thiel. Soutien de la première heure de Donald Trump et financeur des campagnes électorales du vice-président JD Vance, Peter Thiel ne fait aucun mystère de son mépris de la démocratie et de son souhait de voir les structures étatiques dirigées sur le mode entrepreneurial tel qu’il le conçoit : avec un patron tout-puissant.
Il est le cofondateur de Palantir, un outil de traitement des données à destination des États qui utilise l’intelligence artificielle pour faciliter la surveillance. Il est notamment utilisé actuellement par la police anti-migrants ICE, sous le feu des critiques aux États-Unis après avoir abattu deux personnes à Minneapolis. Mais des services de renseignements européens l'utilisent également, dont la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) en France.
Les ONG dénoncent un risque pour les libertés et la sécurité de données sensibles maîtrisées par une entreprise proche du pouvoir américain. Présenté au départ comme une solution provisoire par la DGSI après les attentats de 2015, le contrat a été sans cesse renouvelé depuis, notamment en décembre, pour trois années supplémentaires. Trois années de plus à dépendre d’une organisation et d’un environnement qui n’apprécient pas spécialement le modèle européen.
