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Roule Galette

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Afleveringen
  • Roule galette #45 - Paul Simon , the Paul Simon song book (1965 , COLUMBIA)
    16 Oct 2026
    Cette semaine, dans Roule Galette, on va remonter un peu le temps, jusqu’en 1965, avec un disque de Paul Simon, The Paul Simon Song Book. Un disque sorti bien avant ma naissance, car finalement, il n’y en a pas tant que ça qui ont été évoqués dans Roule Galette. À l’époque, Paul Simon n’est pas encore tout à fait le Paul Simon que tout le monde connaît. Simon & Garfunkel ont bien sorti un album, Wednesday Morning, 3 A.M., en 1964, mais leur disque est passé largement inaperçu. Paul Simon, plutôt que de s’entêter aux États-Unis, décide de partir en Angleterre.Là-bas, il fréquente les clubs folk, il en profite pour traîner du côté de Paris ou de Copenhague, passe à la BBC et se construit un petit public… Il mène sa vie de jeune chanteur américain en Europe, avec sa guitare sous le bras, sans qu’on puisse vraiment parler de carrière triomphale.Cela reste toutefois suffisamment important pour que CBS lui propose d’enregistrer The Paul Simon Song Book, à Londres, entre juin et juillet 1965, aux studios Levy’s, sur New Bond Street. Un disque minimal : Paul Simon, sa guitare et ses chansons, comme nombre de disques à l’époque, dans le sillage de Dylan. Le disque sort en Angleterre au mois d’août et est accueilli comme un disque de folk parmi d’autres.Si la presse musicale britannique s’y intéresse, on ne peut pas pour autant parler d’un succès commercial majeur. Il ne faut pas imaginer que les Anglais se soient précipités en masse pour découvrir le futur géant de la chanson américaine. À ce moment-là, Simon est surtout un jeune auteur-compositeur qui commence à trouver sa place dans le petit monde du folk.Et puis, quelques semaines plus tard, l’histoire se met à accélérer. Aux États-Unis, The Sound of Silence, dans sa version initialement acoustique, ressort avec une instrumentation électrique ajoutée en studio à l’initiative du producteur Tom Wilson. Paul Simon et Art Garfunkel ne sont même pas présents lors de cette opération. Le morceau décolle, devient un énorme succès, et Simon & Garfunkel changent de dimension.Les chansons de The Paul Simon Song Book vont alors connaître une seconde vie. Plusieurs seront réenregistrées par Simon & Garfunkel, sur Sounds of Silence ou Parsley, Sage, Rosemary and Thyme. I Am a Rock, Kathy’s Song, April Come She Will, Leaves That Are Green… On retrouvera ces morceaux sur leurs albums suivants, avec la voix d’Art Garfunkel et des arrangements plus élaborés.Mais les versions originales gardent ma préférence.De manière générale, je suis plutôt sensible aux disques minimalistes. Je préfère souvent une chanson qui tient debout avec trois bouts de ficelle plutôt qu’un morceau sur lequel on a rajouté des couches d’arrangements jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien où se trouve la chanson. Chez Nick Drake, par exemple, j’ai toujours préféré la nudité de Pink Moon aux arrangements de Bryter Layter.Alors, quand j’ai découvert ce disque de Paul Simon, bien longtemps après sa sortie, j’ai tout de suite accroché à cette instrumentation réduite à l’essentiel. Je connaissais évidemment, comme à peu près tout le monde, les grands succès de Simon & Garfunkel, mais je n’avais jamais vraiment entendu ces chansons sous cette forme-là, avec Paul Simon tout seul, sa guitare et sa voix.Par ailleurs, il y a cette drôle d’impression que les chansons sont déjà là. On entend ce qui va devenir le répertoire de Simon & Garfunkel, mais débarrassé de tout le côté un peu mielleux qui peut parfois être reproché au duo. Ce ne sont pas des brouillons, des esquisses en attendant qu’on leur ajoute de beaux habits. Les chansons tiennent déjà debout.Prenez I Am a Rock, par exemple. Dans cette version, la guitare et la voix suffisent à installer le personnage, ce type qui s’enferme dans sa forteresse pour ne plus avoir à souffrir du monde extérieur. La version de Simon & Garfunkel est plus ample, plus pop, avec sa rythmique et ses arrangements. Mais est-ce que ça apporte vraiment quelque chose à la chanson ? Je n’en suis pas forcément convaincu. Ça change la manière de l’entendre, certainement. Ça l’améliore ? C’est une autre question.Bon, évidemment, on ne va pas ouvrir le dossier Art Garfunkel et se demander à quoi il sert. Ce n’est pas mon propos, même si la tentation est grande. Disons, de manière plus consensuelle, que Paul Simon me suffit largement.On est en amont de la célébrité mondiale, avant les grandes productions, avant que tout cela ne devienne une évidence. Et finalement, je m’y retrouve mieux dans cette proximité avec l’artiste solo que dans l’hystérie collective. I am a RockI Am a Rock met en scène un individu qui revendique une solitude souveraine, se comparant à un rocher, à une île, comme si l’isolement pouvait le soustraire définitivement aux blessures du monde. Mais les raisons qu’il ...
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    26 min.
  • Roule galette #44 - Carlton Melton , live in Europe 2012
    9 Oct 2026
    Cette semaine dans Roule Galette, une fois n’est pas coutume, je vous propose un live .Je sais que les Live ont tendance à diviser le public , certains les rattachent au passage presqu’obligatoire des groupes des années 70 , d’autres à une panne d’inspiration de l’artiste, ou encore à un raclage de fond de tiroir , quand d’autres y voient un moyen de s’immerger dans un concert .Vous connaissez, peut-être ou pas cette chanson de LCD soundsystem , loosing my edge , où James Murphy déclame i was there … hé bien , ce disque que je vous propose , je peux le clamer haut et fort , aussi fort que ma voix puisse le faire pour exprimer ma satisfaction à la fin d’un concert , J’ETAIS LA ! Même si je n’étais pas venu pour eux, j’étais là et on m’entend justement crier à la fin de ce concert !Et le plus drôle , c’est que je ne savais même pas , alors que j’ai le disque depuis des lustres, que ce concert était celui auquel j’avais assisté!Quand je me rends au De Kreun de Courtrai , ce 7 novembre 2012 , je trépigne de voir Moon duo , dont j’ai acheté les disques récemment , ceux-là même que je n’ai plus jamais écouté . Je m’installe pour la première partie, comme d’habitude, près de la table de mixage et vois débarquer trois gars . un bassiste plutôt discret, Clint, un guitariste chevelu aux allures de druide, Andy Duvall, et une espèce de guitar hero qui s’occupait également des synthés, Rich .Ce trio , que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam , se nomme Carlton Melton.Les quinze premières minutes, sonnent assez cosmiques, répétitives et planantes, avec ce guitar hero qui partait dans des solos assez acides pouvant évoquer David Guilmour. On sent petit à petit une tension monter, la guitare devient plus grasse, puis ,au bout d’un quart d’heure, le druide pose sa guitare et se met derrière les fûts et là… on change complètement de registre pour partir sur un truc stoner assez massif, mélange de Black Sabbath et de krautrock, répétitif et entêtant. J’avais commencé le concert au fond de la salle, je l’ai terminé devant les enceintes, les oreilles et le cou déglingués.Je n’ai pas pu m’empêcher de faire une razzia au stand de merch pour acheter tout ce qui s’y vendait ou presque .Après ça, je les ai revus à plusieurs reprises en Hollande, où la scène psychédélique est très vivace, à Tilburg, pour le festival Incubate, puis à Middelburg, dans un café. J’ai finalement organisé une date à Lille, qu’ils n’oublieront jamais, mais sans doute pas pour les raisons que vous pourriez imaginer. J’ai pu vérifier cela en discutant avec eux à Hastings cette semaine.Quand ils sont arrivés cette fois-là à la Malterie, ils étaient complètement rincés. Ils revenaient d’Angleterre, après une nuit à dormir dans le van, bloqués par la neige sur l’autoroute du côté de Manchester. Ils sont arrivés fiévreux mais ont quand même assuré le concert. J’ai eu beau les soigner comme je pouvais une fois arrivés à la maison, à base de camomille, gingembre, citron, thym, bref, à base de toutes les recettes de grand-mère dont je disposais, ils ont dû annuler la tournée et se sont retrouvés hospitalisés aux Pays-Bas pendant quelques jours, avant de rattraper à temps leur vol pour les États-Unis. Ils avaient assez peu de souvenirs du concert, mais se souvenaient par contre très bien de la maison et de mes tentatives de soins… Aussi, quand j’ai su qu’ils tournaient en Angleterre, je me suis dit qu’il serait plus prudent de les voir sur leur première date plutôt qu’à la fin de leur tournée ! Carlton Melton se forme en 2008, sur la côte du comté de Mendocino, en Californie. Le projet naît autour d'Andy Duvall, Rich Millman, ( Ex Zen guérilla) Brian McDougall et John Steuernagel, avec cette idée assez particulière de jouer de la musique instrumentale, improvisée, forte et psychédélique dans un dôme géodésique appartenant à Brian McDougall. La première session a lieu le 17 juillet 2008 et donne Live in Point Arena, un CD-R autoproduit.Le principe va rester au centre de leur méthode : pas vraiment de morceaux composés à l'avance, mais des sessions où personne ne sait précisément ce que les autres vont jouer. Ils enregistrent directement dans le dôme, puis sélectionnent et retravaillent ce qui leur semble intéressant.Au printemps 2009, une nouvelle session fournit la matière de Pass It On, leur premier véritable album, qu'ils sortent eux-mêmes en novembre 2009 sur leur label Mid-To-Late Records. Une autre session a lieu en juin 2009, avant même la sortie du disque, ce qui leur permet déjà d'accumuler du matériel pour les sorties suivantes. John Steuernagel est remplacé par Clint Golden à la basse .Ensuite, ça s'accélère assez rapidement : Country Ways en 2011, puis en 2012 Smoke Drip, enregistré avec John McBain de Monster Magnet, Photos of Photos,...
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    58 min.
  • Roule galette #43 : Sloy , Plug ( 1995, Roadrunner)
    26 Sep 2026
    Cette semaine dans Roule Galette , je vous propose de découvrir ou redécouvrir le premier album de Sloy , Plug . Un disque que j’ai longtemps ignoré , non parce que je ne les connaissais pas, mais parce que j’avais décidé que ce n’était pas pour moi . Par suivisme , par snobisme anti -français, par bêtise ? Je ne sais pas , un mélange de tout ça surement … Je connaissais le nom, je savais à peu près ce qu’ils faisaient, j’ai même eu plusieurs occasions de les voir. Mais ça ne m’intéressait pas . Je devais surement penser qu’un énième groupe de pop anglaise était plus intéressant , ou tout simplement , je n’étais pas prêt .A vrai dire, ce disque est un parfait exemple , en ce qui me concerne , du temps qu’il faut pour comprendre , accepter et digérer un disque . C’est assez évident quand on y pense, mais ce n’est pas forcément facile de passer de la pop geignarde de Brighter au post punk abrasif de Sloy . Dans un registre dérivé du hardcore , j’avais pourtant adoré Slint en son temps , mais là où Slint avançait lentement et sournoisement pour construire sa toile d’araignée, Sloy avait quelque chose de beaucoup plus frontal auquel j’étais peu habitué . Comme une bonne paire de claques dans la gueule . Et je n’étais pas un enfant battu ! Plutôt un mélancolique inconsolable .Je ne saurais dire exactement quand Sloy est devenu fréquentable à mes oreilles , ce qui est sûr c’est qu’ils n’existaient déjà plus . Approximativement , je daterais cela au début des années 2000 , quand la nouvelle vague de post punk a débarqué et m’a permis de mettre un peu de rondeur, de folie dans les préjugés que j‘avais de cette scène, qui se résumait pour moi au versant sombre et dépressif de Cure, Joy division , X mal Deutschland , Sisters of Mercy … j’en passe et d’autres corbeaux . Je m’étais enfin intéressé de manière assidue à PIL , la compile rough trade post punk volume 1 était passée par là et puis j’étais aussi passé par le post rock et ses explosions parfois très violentes , le Math rock de Chevreuil, le post métal …bref des trucs un peu plus durs … j’étais enfin mûr pour me prendre un direct au creux de l’estomac.Et j’ai apprécié ça . Au point de l’écouter régulièrement , après avoir cherché longtemps à retrouver les CD . De là à en déduire que je suis devenu maso ou psychopathe , je vous laisse contacter ma psy pour en discuter .J’écris cette chronique à bord du ferry pour l’Angleterre, le casque sur les oreilles comme un adulescent autiste, et la mer agitée, parfait écho au bordel diffusé dans mes oreilles, m’évite de me lancer dans une danse frénétique et de me vautrer comme une otarie bourrée à la bière à l’écoute des albums de Sloy. Parce que j’ai choisi Plug en chronique, mais le groupe a eu l’excellente idée de ne sortir que trois albums, tous très bons. J’aurais tout aussi bien pu choisir Planet of Tubes ou Electrelite.Plug, c’est donc le premier album du groupe, sorti en 1995. Sloy viennent de Béziers, s’installent à Rennes et commencent déjà à se faire remarquer en dehors de France. John Peel les invite notamment à enregistrer une Peel Session, et ils font les premières parties de PJ Harvey. Et pour Plug, ils vont chercher Steve Albini à la production.Ce qui donne un disque qui ne cherche pas vraiment à séduire. C’est sec, tendu, minimal et physique. Il y a quelque chose de très direct dans le son et dans la façon dont les morceaux sont construits. Il y a cette façon de chanter, de hurler d’Armand Gonzalez, comme s’il était poursuivi par un serial killer, ou comme si c’était lui, on ne sait pas trop. Des hurlements cathartiques, comme un coup de pompe en plein tagada. Tout ce que je n’avais pas voulu entendre en 1995, ça fait maintenant 25 ans que ça dure. First AnimalPour démarrer et se mettre dans l’ambiance immédiatement, rien de tel que le premier titre de l’album, First Animal, qui démarre sur ce son de batterie bien sec, qui claque d’entrée, avec une voix filtrée qui m’évoque le début du titre Pornography de The Cure… mais on s’en éloigne très vite.C’est rugueux, ça donne d’emblée l’ambiance du disque, on n’est pas pris en traître. À peine 50 secondes : entre la batterie qui martèle, les guitares qui tranchent, la basse obsédante et massive, et cette espèce de chant-cri-hurlement… le headbanging est obligé de démarrer. Si ce n’est pas le cas, veuillez consulter.PopOn poursuit l’écoute du disque avec Pop, qui est loin de l’être… pop.La première fois que j’ai entendu ce morceau, je me suis posé des questions sur l’état de santé mentale d’Armand Gonzalez. Les « pop pop pop pop » sortent comme s’ils permettaient de laisser exploser toute la violence contenue dans le couplet, tendu et retenu, qui peut évoquer Jon Spencer Blues Explosion.Une ...
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    28 min.
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