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Mieux comprendre notre besoin de reconnexion à la nature

Vlan 46
Autor: Grégory Pouy
Serie: Vlan, Titel 46
Spieldauer: 26 Min.
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Inhaltsangabe

Stéphane Hugon est sociologue et je l'ai déjà reçu sur ce podcast pour parler de l'impact des smartphones sur nos générations. Mais cette fois-çi, nous parlons d'une autre tendance: celle du retour à la nature. Si vous habitez en ville et à fortiori à Paris, vous avez sans doute remarqué que vous ressentiez un besoin de plus en plus pressent de vous reconnecter à la nature. Que ce soit à travers la nourriture bio, des marches dans la forêt, voire un déménagement en zone rurale ou semi-urbaine, ou simplement l'arrivée de plantes et de matériaux bruts dans votre intérieur, cette tendance est partout. Il est intéressant de voir ce mouvement de balancier assez fort ces derniers temps entre la sur-urbanisation et cet appel de la nature.

Un retour à la terre pour une besoin d'enracinement

Comme le souligne Stéphane, nous avons d'abord eu un rapport à la terre très fort et ce que nous vivons aujourd'hui est donc un retour à la terre. Dans notre imaginaire profond, nous avions un rapport d'égalité avec la nature mais avec la sédentarisation, l'agriculture et la création subséquente de la ville, nous avons désormais un rapport de prédation avec la nature. Et alors que la ville était une promesse d'émancipation, de liberté et de modernité, elle génère de l'ennui car on y perd les relations primales avec la nature et la communauté.

On est, en ce moment, dans un moment particulier de notre imaginaire entre fascination d'un retour au végétal et aux éléments bruts dont on s'est peut être un peu trop éloigné avec l'accélération du modernisme des 30 glorieuses. Le paradoxe de la ville est d'avoir séparé la nature de la culture et de fait, la ville est devenue le lieu de l'artifice. Mais que ce soit à travers les tendances sur Instagram #urbanjungle ou dans l'architecture et le design qui mêlent matières brutes et naturelles, nous essayons de nous enraciner d'une manière ou d'une autre. Il y a une nostalgie dans le rapport que l'on a avec les matériaux de la nature.

Selon Stéphane, nous assistons à un basculement entre la société industrielle du 20e siècle et une nouvelle ère plus en lien avec la réalité de production. Le modèle industriel nous a apporté beaucoup de confort mais a fragilisé le lien social entre les gens qui produisent et les gens qui consomment. Derrière la nostalgie de la terre, il y a une manière subtile d'essayer de reconstituer des formes communautaires et artisanales, qui permettent de donner un rôle à chacun et de créer une co-dépendance. Cela donne un esprit de groupe et de l'utilité à chacun. D'ailleurs, il y a plusieurs décennies le mouvement luddiste voulait déjà détruire les machines car si elle produisaient plus vite, elle détruisaient le lien social.

La nature : une culpabilité de dévastation

En Europe, nous avons un rapport de culpabilité vis à vis de la nature qui ne se retrouve pas nécessairement dans d'autres pays.

©2018 Grégory Pouy (P)2018 Grégory Pouy

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